Start Over [pv Eiko]
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On s’était écrasés…
…
Ouais, ça paraît glauque hein, comme début de récit…
Pas le truc super enthousiasmant ou quoi, mais… c’était la vérité.
Aussi… rageant, frustrant, et stupide que ce soit, notre avion avait fait un accident…
Alors on va reprendre toute cette histoire pour que tout le monde comprenne… et suivez bien, je répéterai pas !
L’avion nous avait « amené » là seize heures plus tôt, donc on va revenir un peu avant ces évènements, la journée où nous avons pris cet avion.
Ce matin là n’avait pourtant rien eu de chaotique…
Malheureusement, on ne pouvait pas prévoir ces putains de catastrophe !
Je m’étais réveillé moyennement tôt, dérangé dans mon sommeil par la lumière du soleil, qui avait trouvé un minuscule passage entre mes rideaux pour se faufiler…
Saloperie…
Le genre de truc qui vous ennuie direct, et vous fait vous lever du pied gauche…
Même si je tentais de pas m’énerver pour rien…
Après tout, on allait partir en voyage aujourd’hui…
Départ pour les States, et à nous Los Angeles !
Une idée qui me remettait un peu de bonne humeur…
Un peu hein !
Allez pas croire non plus que tout était génial et que je nageais en plein bonheur…
Je chassais ces pensées pour me lever du lit…
Il était dix heures et demi, mais… qu’est-ce qu’il faisait chaud !
C’était comme ça l’Australie… surtout à cette période de l’année…
Qu’est-ce qu’on faisait là ?!
Mais j’vous en pose moi des questions ?!
On avait quitté le Japon après que j’ai mis la main sur un énorme paquet de fric…
C’était… pour la sécurité.
Moi, je m’en foutais un peu, mais s’ils s’en prenaient à Lia…
Je ne supportais pas grand-chose… et elle non plus, il m’arrivait de ne plus la supporter, mais qu’on puisse lui faire du mal… m’irritait encore plus…
Grrrrr…
Lia, c’est ma grande sœur…
Elle a un an de plus que moi.
Et pour ce qui est d’être un peu trop… ultra-protecteur, j’y pouvais rien, j’étais comme ça !
Et ça n’avait rien à voir avec la jalousie, juste… j’aimais la savoir à l’abri de tout…
Un vrai papa poule…
Mais oublions-la pour l’instant.
On vivait donc à Sydney depuis un petit moment…
Même si… je me faisais un peu chier…
Moi, j’avais besoin d’action !
Et là, avec tout ce fric, je vivais comme un riche et… je glandais plus rien…
La seule attraction ici, c’est le tournoi de Tennis…
Deux semaines dans l’année, génial !
Quelle distraction…
Comme tous les jours, je me faisais donc bien chier…
Mais le bon côté, c’est que je me faisais chier dans une putain de villa avec piscine, jacuzzi et tout le luxe le plus inutile mais… bien savoureux, qui existe.
Donc fallait pas trop trop se plaindre non plus…
J’attrapais un bol et le remplissais de céréales au passage, avant d’aller m’affaler dans le jacuzzi…
…
Les gens trouvaient vraiment ça relaxant ?!
Des milliers de bulles qui vous poussaient et vous ballotaient constamment…
C’était d’un chiant !
Je trouvais vraiment ça aussi nul que gonflant.
Au bout de trois secondes à l’intérieur, je ressortais déjà avec une grimace, repartant avec mon bol, pour manger ailleurs.
Je ne prenais pas le temps de m’essuyer, vu la chaleur ambiante, et hop, je filais sur la terrasse, m’allonger sur une chaise longue…
Ouais, s’allonger au soleil, je préférais nettement ça.
Lunettes de soleil sur le nez, je dégustais mes céréales en faisant bronzette…
Ah…
Je râlais mais… c’était la belle vie quand même…
Ne jamais rien glander comme ça…
Onze heures sonna.
L’heure présumée du retour de Lia à la villa…
Ce que j’attendais avec impatience…
Disons que, naturellement, je me faisais toujours un peu de souci pour elle… c’était ma sœur après tout…
Je ne comprenais pas qu’elle aille travailler alors qu’on avait de quoi vivre éternellement si on le voulait…
Mais elle disait qu’elle en avait besoin, qu’elle s’épanouissait grâce à ça, ou une connerie du genre…
Quant à aujourd’hui… c’était le jour de notre départ, pas la peine d’y retourner…
Mais si, elle avait voulu y aller, soit disant que le proviseur de l’école dans laquelle elle officiait voulait lui faire une surprise ou une merde comme ça…
Le genre de con qui a que ça à foutre de faire des surprises aux mecs au lieu de gérer son école…
Bah…
On pouvait pas lui en vouloir d’être tombé sous le charme de ma sœur, c’était le cas pour beaucoup d’hommes, même si je ne supportais pas ça…
J’avais toujours veillé sur Lia…
Un peu comme si elle avait été ma petite sœur… alors j’avais du mal à la laisser prendre son envol et tout ça…
Mais pendant ce temps là, elle… n’arrivait pas !
Qu’est-ce qu’elle foutait ?!
Je me débarrassais de mon bol et sortais devant la villa, m’arrêtant dans l’entrée, afin de la voir lorsqu’elle arriverait…
…
Et deux minutes plus tard, sa voiture débarquait dans l’allée…
Et bien, ce n’était pas trop tôt !
Prévenir, elle connaissait pas ?!
…
Je remarquais que j’étais légèrement nerveux, et je crois que le manque de drogue depuis près d’une semaine maintenant, y jouait pour beaucoup.
Je me sentais plus exécrable que jamais…
Alors gare à toi, Lia…
Je m’approchais alors qu’elle sortait de sa voiture…
Cette chevelure rousse-brune, ce sourire immense… on la reconnaissait de loin…
Elle s’extirpa donc de son véhicule, vêtue… de manière un peu limite à mon goût…
Un haut fleuri dont le décolleté descendait presque au niveau de son nombril, et une minijupe très… australienne… on m’aurait dit que c’était une ceinture que ça ne m’aurait pas étonné…
« - Enfin… » Soupirais-je en la regardant par-dessus mes lunettes de soleil.
« - Contente de te voir aussi ptit frère… » S’amusa-t-elle en passant à côté de moi.
« - Qu’est-ce que tu faisais ?! » M’emportais-je légèrement en lui emboîtant le pas.
« - Le proviseur m’a fait une surprise, il m’a laissé enseigner du japonais à ses propres élèves, des ados pour la plupart ! » Se réjouit-elle, ne notant pas mon ton agressif.
« - … » Restais-je silencieux tout en la fixant avec une grimace du genre : c’est nul comme surprise.
« - Je suis prof de langue j’te rappelle, et ils étaient tous super intéressés ! » S’expliqua-t-elle, continuant de marcher en savourant sa petite joie.
Ça la rendait joyeuse ça… ?
Et bah…
Il lui en fallait peu…
Moi je trouvais ça nul à chier comme cadeau mais bon…
Chacun faisait comme il voulait hein…
« - Ouais, mais t’inquiète pas, à mon avis, y’a pas que ta langue qui les intéressait. » Crachais-je en la détaillant à nouveau.
« - Ça veut dire quoi ça ? » S’étonna-t-elle en fronçant les sourcils.
« - Que le japonais j’sais pas, mais ton cul ils doivent le connaître par cœur là. » Lâchais-je, direct et limite dédaigneux.
« - Vas te faire mettre ! » M’explosa-t-elle au visage avant de me tourner le dos pour entrer dans la villa.
« - J’aurais pu te dire la même chose, mais j’suppose que c’est déjà fait ! » Criais-je, ma voix montant crescendo, pour être sûre qu’elle entende.
Je n’eus pour réponse qu’un splendide doigt d’honneur levé par-dessus son épaule.
…
Et bien, elle s’annonçait bien cette journée !
Je me stressais de pas la voir arriver !
Et finalement, je l’accueillais avec son costume de traînée, sympa…
Quant à cette prise de bec… pfouuu…
Je n’avais pas d’emprise…
J’avais vraiment besoin de prendre quelque chose, parce que je pétais un plomb là…
Je cherchais le conflit, et… j’agressais totalement ma sœur…
Même si je pense que ma réaction aurait eu quelques similitudes, quel que soit mon état, j’avais peut-être… un peu dépassé les bornes…
…
Mais qu’elle aille se faire foutre si elle était pas contente, aussi !
Je retournais à mon tour à l’intérieur, me dirigeant droit vers ma chambre.
J’allais prendre quelque chose, et ça irait mieux…
Parce que… je me sentais vraiment pas terrible là…
J’avais trop chaud, trop froid… ça allait pas… pas du tout même !
En vitesse, je m’engouffrais à l’intérieur, et sortais une mallette de sous mon lit.
Je l’ouvrais et… découvrais comme toujours avec bonheur que toute la drogue était là…
J’attrapais un sachet en tremblotant très très légèrement, et en sortis la substance tant désirée.
Je l’amenais à mon nez, et après une bonne inspiration… tout allait mieux.
Je revivais d’un coup…
Ahhh…
Je refermais soigneusement la mallette et la replaçais sous le lit en vérifiant que Lia ne m’observait pas…
Personne en vue…
Une fois ma mission remplie, je quittais la chambre pour le salon… et tombais sur ma sœur… qui avait jugé bon de rajouter un peu de tissu à sa tenue…
Elle regardait la télé… l’air… boudeuse.
« - Tu sais Lia… tout à l’heure, je… enfin… » Commençais-je, cherchant en vain mes mots.
« - C’est bon, laisse tomber… ça va. » Me coupa-t-elle, avec un petit sourire, sachant sans doute comme j’étais mauvais lorsqu’il s’agissait de m’excuser…
« - C’est cool alors, merci Lia… » Lâchais-je, un peu soulagé, avant de me planter devant la télé à ses côtés.
Et c’est comme ça que passa cette journée…
Nous deux, affalés sur le canapé, regardant des mangas à la télé…
De stupides gamins…
…
… …
… … …
Ce fut alors l’heure du départ !
On rassembla nos quelques bagages…
On avait une valise chacun…
J’allais chercher ma valise dans ma chambre, et je me préparais à ressortir…
Mais un vieux remords…
J’allais quand même pas laisser ma drogue ici…
J’hésitais quelques instants avant de ramasser la mallette sous le lit et de l’enfourner en forçant bien, dans ma valise.
Voilà, ce serait parfait.
Je n’allais quand même pas m’en passer…
Mais… est-ce que les douanes n’allaient pas l’intercepter… ?
Heureusement, je pouvais féliciter ma valise d’avoir un double fond particulièrement bien caché… ce pourquoi je l’avais acheté d’ailleurs, et qui faciliterait le passage.
Une fois prêt, je rejoignais ma sœur dehors, et un taxi nous mena à l’aéroport.
On entra dans celui-ci et… on dut attendre une petite vingtaine de minutes avant le départ…
Je ne sais pas…
Un retard à cause d’un truc quelconque…
On alla s’asseoir gentiment, et juste en face d’un petit bonhomme blanc et d’un énorme black super musclé…
Les opposés absolus ces deux là, c’en était presque hilarant.
Un rire m’échappa d’ailleurs en les regardant.
« - Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda l’énorme black avec le sourire, semblant ne pas le prendre mal.
« - Rien… c’est drôle de vous voir côte à côte, vous avez l’air complètement opposés… » Avouais-je, malgré un regard désapprobateur de Lia.
« - Non, je suis comme Tyson ! » S’enquit le petit, avant de retourner dans son mutisme, visiblement gêné.

Kyô Mazuku- Admin
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Date d'inscription: 02/06/2009
Age: 21

Re: Start Over [pv Eiko]
Je restais là, un peu étonné, attendant de voir la suite, lorsque le jeune homme éclata de rire, mettant apparemment son petit voisin dans un embarras encore plus grand.
Alors… ils se connaissaient… ?
J’avais trouvé l’intervention du petit mignonne en tout cas…
Enfin, non…
Non, j’avais horreur de ça !
Je détestais les gosses !
« - Je m’appelle Tyson, et mon opposé là, c’est mon petit frère Jimmy… » Lâcha le monstre black en me tendant la main.
« - Moi c’est Kyô, et le canon là, c’est ma sœur, Lia. » Répondis-je en lui serrant la main, ayant bien remarqué ses coups d’œil envers ma sœur… qui ne me dérangeaient pas encore…
« - Ravi de faire votre connaissance. » Répondit Tyson avant de faire un baisemain abusivement classieux à Lia… qui m’arracha un petit rire.
« - Vous allez à L.A. vous aussi… ? » Demanda Lia, prenant part à la conversation après avoir gloussé à moitié…
« - Ouais, on rentre chez nous en fait. » Lança seulement le black.
« - Cette compagnie… Océanic Airlines… ils sont à chier… il y a toujours des problèmes avec eux… » Pestais-je dans mon coin.
Et l’attente se passa comme ça…
Une conversation tranquille avec nos nouveaux « amis ».
Vingt minutes plus tard, l’avion était là… et on pouvait embarquer…
On monta et on put enfin chercher nos places…
Lia était juste à côté du hublot, et elle s’y enfila rapidement avec une exclamation du genre : « génial », ou une nullerie du genre…
Etre près de la vitre, tu parles d’un truc exceptionnel…
Quel intérêt… ? C’était… aussi stupide que le reste quoi…
Toutes les places étaient identiques… et sur ce vol là, toutes les places allaient être aussi à chier… exceptées celles des survivants… et encore…
Je m’asseyais à côté d’elle avant d’entendre une expression de surprise et un rire.
Euh…
Oui… ?
Je tournais la tête sur le côté, pour apercevoir dans l’allée…
L’immense black et son petit frère blanc…
« - On se retrouve à côté de vous ! J’y crois pas ! » S’exclama Tyson en s’asseyant à côté de moi.
« - Crois-y, et profites de ta chance. » Lâchais-je en me vantant de façon abusive.
Son frère s’installa au bout de notre rangée de quatre sièges et un fois l’avion plein, on décolla…
Perso, les avions ne m’avaient jamais évoqué quoi que ce soit…
Mais me retrouver à l’intérieur…
C’était toujours un peu stressant…
Je devais l’avouer, je m’y sentais… assez mal à l’aise…
Heureusement pour moi, Lia, Tyson et son frère ne me laissèrent pas le temps de paniquer pendant le vol…
On parla et parla… et je pestais contre pas mal de choses aussi mais bon…
Jusqu’à ce que… des orages éclatèrent…
Et vu de l’intérieur, c’était légèrement inquiétant…
Lia était fascinée par les éclairs, et moi… je stressais légèrement… voir un peu plus…
Puis le commandant de bord nous annonça que le temps n’était pas favorable.
On arrivait pas à émettre de signal, mais on allait se poser tranquillement aux Fidji, et nous repartirions lorsque la météo serait plus clémente…
Mais peu de temps après ça…
Les choses partirent en cacahuète…
D’un coup, vous allez pas y croire, mais… l’arrière de l’avion se détacha !
Le vent s’engouffra, et semblait vouloir nous tirer à l’extérieur pour nous balancer dans les cieux…
Je me cramponnais à mon siège tandis que je nous sentais chuter…
Qu’allait-il nous arriver… ?
A mes côtés, Lia s’accrochait farouchement elle aussi, et je lui agrippais la main, autant pour la rassurer elle que moi.
On échangea un regard… où je tentais de lui dire que nous n’allions pas mourir… quand elle de son côté m’offrait un « je t’aime mon frère » à la limite du désespoir…
C’était… ça serrait le cœur…
De l’autre côté, Tyson ne se cramponnait pas, mais recouvrait Jimmy, pour empêcher celui-ci de s’envoler…
Waouh…
Sacré amour fraternel hein…
On entendit le choc…
…
… …
… … …
J’entrouvris alors les yeux…
J’avais un peu mal… du genre « courbatures », mais rien de grave à mon humble avis…
Mais…
Ça voulait dire quoi, ça… ?
Que j’avais survécu à un crash d’avion… ?!
…
Assez dur à croire en vérité…
Je posais mon regard à côté de moi, pour découvrir Lia, en train d’ouvrir les yeux elle aussi…
Oh mon dieu, nous étions deux !
« - … Lia… ça va… ? » Lâchais-je péniblement.
« - … ouais… juste un peu mal à la tête, et toi… ? » Répondit-elle en tournant lentement la tête vers moi.
« - … ça va… mais sortons d’ici… » Déclarais-je alors en guettant dehors par l’immense trou béant.
« - Hey, Kyô, Lia, vous allez bien ?! » S’exclama la lourde voix de Tyson, venant de dehors.
« - Tyson ?! … ouais, on va bien… » Rétorquais-je, stupéfait de constater qu’il avait lui aussi survécu.
Il débarqua comme un chevalier sur son cheval blanc…
Sauf que je ne connaissais aucun chevalier black, et qu’il n’avait pas vraiment de cheval non plus…
Ce brave gars nous aida à sortir et… on se retrouva sur une plage…
Ça ressemblait… à une île… une espèce d’île déserte pour tout vous dire…
Et le pire… il y avait plein de survivants !
Comment c’était possible, j’en savais rien, mais ça pullulait…
Tyson nous emmena auprès de son frère, qu’il avait mis en sûreté un peu plus loin sur la plage.
Jimmy avait survécu !
Ce dont j’avais rien à foutre… mais bon.
C’était… la vraie pagaille…
Un grand n’importe quoi…
Il y avait du feu, des machins qui semblaient encore tourner dans l’appareil, et des trucs éparpillés un peu partout sur la plage…
Des morceaux de carlingue aux sièges, en passant par les bagages…
Et il y avait pas mal de blessés d’ailleurs…
Lia examina un peu Tyson, qui avait quelques machins plantés dans les jambes !
Elle s’occupa donc du blessé… au plus grand bonheur de celui-ci, tandis que je me mettais en quête de nos affaires.
Aider les autres ?!
Comme si j’avais que ça à foutre…
Pas mal de bagages flottaient à la surface de l’eau, et c’est là que je me rendais.
Quelques minutes de recherche me suffirent…
Je trouvais ma valise, et celle de Lia.
Je jetais d’ailleurs un coup d’œil à la mienne pour vérifier que ma mallette spéciale s’y trouvait toujours et… oui…
Par chance.
Je revins donc à la plage avec nos affaires, rejoignant le petit groupe…
Mais pas le temps de souffler, qu’un mec venait déjà nous emmerder…
Au milieu de cette cohue, j’te dis pas le bordel…
Chacun sa merde non ?
Pourquoi faire en plus chier les autres ?!
En plus, ce gars était un japonais… il faisait honte à la patrie celui-là…
Avec sa tête de Johnny Depp…
Il en était presque hilarant…
« - Vous voulez bien me donner un coup de main ? » Demanda l’effronté.
« - Sûrement… » Crachais-je, ironique, avant de m’allonger.
« - Kyô ! … Bien sûr monsieur ! » Rétorqua Lia, serviable à souhait.
« - Tsss… chacun sa merde, qu’ils se débrouillent… » Persifflais-je, l’air de rien.
« - Comment peux-tu dire ça ?! » Se pensa obliger de répondre le super Johnny…
« - T’as pas des vies à sauver Johnny Depp ? » Le cassais-je illico, le rappelant à ses « obligations ».
Il écouta la voix de la raison, puisqu’il partit donner son aide aux autres avec Lia…
Tyson lui, s’occupait de vérifier si tout allait bien pour son petit frère, et j’en profitais pour m’éloigner un peu…
Quelques mètres plus loin, je trouvais un siège de l’avion, planté dans le sable, juste devant un fourré de bambou…
Parfait !
Je pris donc le temps de m’asseoir tranquille, ignorant un peu tout ce qui se passait…
Oui, voir des types à l’agonie… ou déjà mort, c’était pas mon fort, alors autant faire comme s’ils n’étaient pas là…
…
… …
… … …
Et je m’étais endormi au milieu de la cohue !
Je me réveillais d’un coup et… remarquais l’espèce de regroupement près de l’avion…
Je m’approchais pour écouter…
Et c’était le Johnny Depp qui s’exprimait…
Ce gars se prenait vraiment pour la vedette quoi…
Ouais donc les trucs qu’on savait déjà…
Vu le trajet, il n’y avait certainement personne qui savait qu’on était ici…
Il allait falloir trouver de quoi se nourrir, et bla bla bla, et les conneries sur l’entraide et ce genre de merde…
Je décrochais rapidement, et retournais à mon poste privilégié, prenant quelques affaires trouvées de ci de là pour m’assurer un petit confort…
Peu de temps après mon départ, les autres suivirent…
Lia, Tyson et Jimmy revinrent vers moi, choisissant divers accessoires pour dormir, pas très loin de ma position, là où Tyson avait installé de quoi dormir.
Moi ?
Moi j’étais bien où j’étais, et j’avais pas de raison de me rapprocher d’eux…
J’avais jamais couché avec un black bien baraqué, mais j’avais pas envie de tenter l’expérience.
Un simple « bonne nuit » collectif fit l’affaire, et on partit tous au pays des rêves…
…
… …
… … …
Et voilà que je me réveillais…
Le soleil n’était même pas encore levé, mais je ne parvenais pas à dormir…
Je me levais donc de ma couchette misérable, pour me rapprocher de l’eau…
Tout le monde dormait.
C’était si calme… si paisible…
La carcasse était comme… éteinte… et seul le bruit des vagues venait troubler ce silence apaisant…
Je posais les deux pieds dans l’eau, observant les alentours…
Rien… apparemment.
La mer, la mer, la mer…
La mer à perte de vue…
On était bien embarqué tiens…
Je notais aussi… une guitare … ?
Une guitare… ou du moins un étui de guitare, qui flottait sur l’eau, un peu plus loin…
Ça faisait longtemps que je n’en avais pas joué… je ne serais pas contre recommencer.
Je m’apprêtais donc à aller la chercher.
Après tout, elle ne servirait sans doute plus à son propriétaire, si… ?
Comment ça c’était glauque ?!
N’importe quoi !
Par contre, s’il était une chose qui risquait de manquer ici, à long terme… c’était les femmes…
J’avais bien jeté un œil aux rescapées lors de la réunion de la veille, mais… y’avait pas vraiment de quoi se régaler…
Une vraie déception…
Paumé sur une île déserte, et même pas de quoi se faire un minimum plaisir… c’était décourageant… j’voulais pas finir par fantasmer sur ma sœur quand même !
… au bout de dix ans ici, qui sait hein… ?
Mais… la suite allait me faire taire… et même complètement fermer ma gueule…
Le genre de truc qui vous remet à votre place… et perso, là, j’étais plutôt pour me faire remettre à ma place en beauté…
Alors… ils se connaissaient… ?
J’avais trouvé l’intervention du petit mignonne en tout cas…
Enfin, non…
Non, j’avais horreur de ça !
Je détestais les gosses !
« - Je m’appelle Tyson, et mon opposé là, c’est mon petit frère Jimmy… » Lâcha le monstre black en me tendant la main.
« - Moi c’est Kyô, et le canon là, c’est ma sœur, Lia. » Répondis-je en lui serrant la main, ayant bien remarqué ses coups d’œil envers ma sœur… qui ne me dérangeaient pas encore…
« - Ravi de faire votre connaissance. » Répondit Tyson avant de faire un baisemain abusivement classieux à Lia… qui m’arracha un petit rire.
« - Vous allez à L.A. vous aussi… ? » Demanda Lia, prenant part à la conversation après avoir gloussé à moitié…
« - Ouais, on rentre chez nous en fait. » Lança seulement le black.
« - Cette compagnie… Océanic Airlines… ils sont à chier… il y a toujours des problèmes avec eux… » Pestais-je dans mon coin.
Et l’attente se passa comme ça…
Une conversation tranquille avec nos nouveaux « amis ».
Vingt minutes plus tard, l’avion était là… et on pouvait embarquer…
On monta et on put enfin chercher nos places…
Lia était juste à côté du hublot, et elle s’y enfila rapidement avec une exclamation du genre : « génial », ou une nullerie du genre…
Etre près de la vitre, tu parles d’un truc exceptionnel…
Quel intérêt… ? C’était… aussi stupide que le reste quoi…
Toutes les places étaient identiques… et sur ce vol là, toutes les places allaient être aussi à chier… exceptées celles des survivants… et encore…
Je m’asseyais à côté d’elle avant d’entendre une expression de surprise et un rire.
Euh…
Oui… ?
Je tournais la tête sur le côté, pour apercevoir dans l’allée…
L’immense black et son petit frère blanc…
« - On se retrouve à côté de vous ! J’y crois pas ! » S’exclama Tyson en s’asseyant à côté de moi.
« - Crois-y, et profites de ta chance. » Lâchais-je en me vantant de façon abusive.
Son frère s’installa au bout de notre rangée de quatre sièges et un fois l’avion plein, on décolla…
Perso, les avions ne m’avaient jamais évoqué quoi que ce soit…
Mais me retrouver à l’intérieur…
C’était toujours un peu stressant…
Je devais l’avouer, je m’y sentais… assez mal à l’aise…
Heureusement pour moi, Lia, Tyson et son frère ne me laissèrent pas le temps de paniquer pendant le vol…
On parla et parla… et je pestais contre pas mal de choses aussi mais bon…
Jusqu’à ce que… des orages éclatèrent…
Et vu de l’intérieur, c’était légèrement inquiétant…
Lia était fascinée par les éclairs, et moi… je stressais légèrement… voir un peu plus…
Puis le commandant de bord nous annonça que le temps n’était pas favorable.
On arrivait pas à émettre de signal, mais on allait se poser tranquillement aux Fidji, et nous repartirions lorsque la météo serait plus clémente…
Mais peu de temps après ça…
Les choses partirent en cacahuète…
D’un coup, vous allez pas y croire, mais… l’arrière de l’avion se détacha !
Le vent s’engouffra, et semblait vouloir nous tirer à l’extérieur pour nous balancer dans les cieux…
Je me cramponnais à mon siège tandis que je nous sentais chuter…
Qu’allait-il nous arriver… ?
A mes côtés, Lia s’accrochait farouchement elle aussi, et je lui agrippais la main, autant pour la rassurer elle que moi.
On échangea un regard… où je tentais de lui dire que nous n’allions pas mourir… quand elle de son côté m’offrait un « je t’aime mon frère » à la limite du désespoir…
C’était… ça serrait le cœur…
De l’autre côté, Tyson ne se cramponnait pas, mais recouvrait Jimmy, pour empêcher celui-ci de s’envoler…
Waouh…
Sacré amour fraternel hein…
On entendit le choc…
…
… …
… … …
J’entrouvris alors les yeux…
J’avais un peu mal… du genre « courbatures », mais rien de grave à mon humble avis…
Mais…
Ça voulait dire quoi, ça… ?
Que j’avais survécu à un crash d’avion… ?!
…
Assez dur à croire en vérité…
Je posais mon regard à côté de moi, pour découvrir Lia, en train d’ouvrir les yeux elle aussi…
Oh mon dieu, nous étions deux !
« - … Lia… ça va… ? » Lâchais-je péniblement.
« - … ouais… juste un peu mal à la tête, et toi… ? » Répondit-elle en tournant lentement la tête vers moi.
« - … ça va… mais sortons d’ici… » Déclarais-je alors en guettant dehors par l’immense trou béant.
« - Hey, Kyô, Lia, vous allez bien ?! » S’exclama la lourde voix de Tyson, venant de dehors.
« - Tyson ?! … ouais, on va bien… » Rétorquais-je, stupéfait de constater qu’il avait lui aussi survécu.
Il débarqua comme un chevalier sur son cheval blanc…
Sauf que je ne connaissais aucun chevalier black, et qu’il n’avait pas vraiment de cheval non plus…
Ce brave gars nous aida à sortir et… on se retrouva sur une plage…
Ça ressemblait… à une île… une espèce d’île déserte pour tout vous dire…
Et le pire… il y avait plein de survivants !
Comment c’était possible, j’en savais rien, mais ça pullulait…
Tyson nous emmena auprès de son frère, qu’il avait mis en sûreté un peu plus loin sur la plage.
Jimmy avait survécu !
Ce dont j’avais rien à foutre… mais bon.
C’était… la vraie pagaille…
Un grand n’importe quoi…
Il y avait du feu, des machins qui semblaient encore tourner dans l’appareil, et des trucs éparpillés un peu partout sur la plage…
Des morceaux de carlingue aux sièges, en passant par les bagages…
Et il y avait pas mal de blessés d’ailleurs…
Lia examina un peu Tyson, qui avait quelques machins plantés dans les jambes !
Elle s’occupa donc du blessé… au plus grand bonheur de celui-ci, tandis que je me mettais en quête de nos affaires.
Aider les autres ?!
Comme si j’avais que ça à foutre…
Pas mal de bagages flottaient à la surface de l’eau, et c’est là que je me rendais.
Quelques minutes de recherche me suffirent…
Je trouvais ma valise, et celle de Lia.
Je jetais d’ailleurs un coup d’œil à la mienne pour vérifier que ma mallette spéciale s’y trouvait toujours et… oui…
Par chance.
Je revins donc à la plage avec nos affaires, rejoignant le petit groupe…
Mais pas le temps de souffler, qu’un mec venait déjà nous emmerder…
Au milieu de cette cohue, j’te dis pas le bordel…
Chacun sa merde non ?
Pourquoi faire en plus chier les autres ?!
En plus, ce gars était un japonais… il faisait honte à la patrie celui-là…
Avec sa tête de Johnny Depp…
Il en était presque hilarant…
« - Vous voulez bien me donner un coup de main ? » Demanda l’effronté.
« - Sûrement… » Crachais-je, ironique, avant de m’allonger.
« - Kyô ! … Bien sûr monsieur ! » Rétorqua Lia, serviable à souhait.
« - Tsss… chacun sa merde, qu’ils se débrouillent… » Persifflais-je, l’air de rien.
« - Comment peux-tu dire ça ?! » Se pensa obliger de répondre le super Johnny…
« - T’as pas des vies à sauver Johnny Depp ? » Le cassais-je illico, le rappelant à ses « obligations ».
Il écouta la voix de la raison, puisqu’il partit donner son aide aux autres avec Lia…
Tyson lui, s’occupait de vérifier si tout allait bien pour son petit frère, et j’en profitais pour m’éloigner un peu…
Quelques mètres plus loin, je trouvais un siège de l’avion, planté dans le sable, juste devant un fourré de bambou…
Parfait !
Je pris donc le temps de m’asseoir tranquille, ignorant un peu tout ce qui se passait…
Oui, voir des types à l’agonie… ou déjà mort, c’était pas mon fort, alors autant faire comme s’ils n’étaient pas là…
…
… …
… … …
Et je m’étais endormi au milieu de la cohue !
Je me réveillais d’un coup et… remarquais l’espèce de regroupement près de l’avion…
Je m’approchais pour écouter…
Et c’était le Johnny Depp qui s’exprimait…
Ce gars se prenait vraiment pour la vedette quoi…
Ouais donc les trucs qu’on savait déjà…
Vu le trajet, il n’y avait certainement personne qui savait qu’on était ici…
Il allait falloir trouver de quoi se nourrir, et bla bla bla, et les conneries sur l’entraide et ce genre de merde…
Je décrochais rapidement, et retournais à mon poste privilégié, prenant quelques affaires trouvées de ci de là pour m’assurer un petit confort…
Peu de temps après mon départ, les autres suivirent…
Lia, Tyson et Jimmy revinrent vers moi, choisissant divers accessoires pour dormir, pas très loin de ma position, là où Tyson avait installé de quoi dormir.
Moi ?
Moi j’étais bien où j’étais, et j’avais pas de raison de me rapprocher d’eux…
J’avais jamais couché avec un black bien baraqué, mais j’avais pas envie de tenter l’expérience.
Un simple « bonne nuit » collectif fit l’affaire, et on partit tous au pays des rêves…
…
… …
… … …
Et voilà que je me réveillais…
Le soleil n’était même pas encore levé, mais je ne parvenais pas à dormir…
Je me levais donc de ma couchette misérable, pour me rapprocher de l’eau…
Tout le monde dormait.
C’était si calme… si paisible…
La carcasse était comme… éteinte… et seul le bruit des vagues venait troubler ce silence apaisant…
Je posais les deux pieds dans l’eau, observant les alentours…
Rien… apparemment.
La mer, la mer, la mer…
La mer à perte de vue…
On était bien embarqué tiens…
Je notais aussi… une guitare … ?
Une guitare… ou du moins un étui de guitare, qui flottait sur l’eau, un peu plus loin…
Ça faisait longtemps que je n’en avais pas joué… je ne serais pas contre recommencer.
Je m’apprêtais donc à aller la chercher.
Après tout, elle ne servirait sans doute plus à son propriétaire, si… ?
Comment ça c’était glauque ?!
N’importe quoi !
Par contre, s’il était une chose qui risquait de manquer ici, à long terme… c’était les femmes…
J’avais bien jeté un œil aux rescapées lors de la réunion de la veille, mais… y’avait pas vraiment de quoi se régaler…
Une vraie déception…
Paumé sur une île déserte, et même pas de quoi se faire un minimum plaisir… c’était décourageant… j’voulais pas finir par fantasmer sur ma sœur quand même !
… au bout de dix ans ici, qui sait hein… ?
Mais… la suite allait me faire taire… et même complètement fermer ma gueule…
Le genre de truc qui vous remet à votre place… et perso, là, j’étais plutôt pour me faire remettre à ma place en beauté…

Kyô Mazuku- Admin
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Age: 21

Re: Start Over [pv Eiko]
« Et dire que vingt quatre heures plus tôt, j’étais tranquillement installée à l’hôtel, aux côtés d’un mannequin australien. »
Cette pensée fut l’une des dernières qui me traversa l’esprit avant le crash… avant que disparaisse mes souvenirs et avec eux ma personnalité… avant que ce maudit avion ne s’écrase sur cette île perdue au beau milieu de nulle part.
Un accident… un vulgaire accident mais qui allait définitivement changer ma vie… mais qui allait surtout me changer, moi.
Mais revenons-en plutôt à ce qu’il s’était passé avant que ne bascule toute mon existence.
… Hum… par où commencer ?
Ah je sais, entamons ce récit par un sujet bien plus agréable… bien plus alléchant… comme par exemple l’Apollon que j’avais choisis pour passer la nuit qui précéda le drame.
Un homme bien bâtis mais avec peu de conversation comme je les aimais.
Son prénom ? … Est-ce qu’il me l’avait au moins dit ?
C’était probable mais j’avais une certaine tendance à passer sous silence toute les informations secondaires, celles qui ne servait à rien.
Je l’avais traîné dans une chambre et cet idiot avais parut ne pas en croire sa chance.
C’était compréhensible.
Peu d’homme avait l’occasion de coucher avec moi… ou du moins peu d’hommes étaient encore là pour en parler. Peu ? Aucun en fait.
Cela dit, je comprenais sa joie.
Ne nous leurrons pas, j’étais sans doute la femme la plus sexy et la plus belle qu’il aurait jamais l’opportunité de caresser, de voir nue… la dernière d’ailleurs.
Une idée assez plaisante.
Il me désirait et n’aurait plus l’occasion de désirer personne.
J’étais, même s’il l’ignorait, le coup le plus inoubliable qu’il n’aurait jamais eu.
D’ailleurs, je m’attelais toujours à ne pas les décevoir.
Après tout, il fallait que l’acte soit fabuleux puisqu’il s’agissait de l’ultime chose qu’il ferait !
Au moins, il mourrait après le plaisir suprême. Tout le monde ne pouvait pas en dire autant.
Et mes victimes succombaient rapidement, sans réelles souffrances.
Pas comme pour Anko qui prenait toujours un malin plaisir à faire durer la chose.
J’étais probablement folle mais pas encore sado.
Quoi qu’il en soit, nous étions monté, nous nous étions déshabillés en toute hâte et je l’avais poussé sans ménagement sur le lit avant de le chevaucher.
J’avais toujours préféré dominer… que ce soit les hommes ou les choses.
J’aimais avoir le contrôle total.
C’était peut-être ça aussi qui me plaisait dans le métier de tueuse à gage.
J’avais la vie de ma cible entre mes mains quand elle ignorait la plus part du temps qu’elle vivait ces derniers instants.
Jouissif, n’est-ce pas ? … Du moins, ça l’était pour moi.
Métier ? Oh oui…
Je ne considérais pas ça comme autre chose.
C’était mon activité professionnelle. Après tout, je touchais un salaire et tout ça.
Quant à ce que je m’apprêtais à faire là, ça n’avait rien à voir, ça c’était plutôt pour mon plaisir personnel.
Je n’avais de compte à rendre à personne, cette fois.
Cruelle ?
Hum… c’est vrai mais je n’avais plus de remords depuis longtemps alors inutile de tenter de m’en insuffler.
D’autant qu’était-il plus scrupuleux que moi si on s’en fiait à la marque de bronzage qui ornait son annulaire, signe évident qu’il avait ôté son alliance à mon arrivée dans la pièce ?
En tout cas, j’étais bien loin de ce genre de considération lorsque cet imbécile me fit grimper au plafond… trois fois d’affilé.
Bref, lorsqu’il avait été « rassasié » et que moi aussi, il avait roulé sur le côté, le souffle court me laissant savourer cet instant.
J’aimais ce silence…
Celui qui suit l’acte sexuel… quand les deux corps relâchent la tension, quand l’esprit est complètement vidé.
Je n’en avais pourtant pas profité très longtemps avant de me pencher en avant, de saisir mon sac à main et d’en sortir mon couteau.
Oh j’aurais pu faire ça plus simplement avec mon flingue en mode silencieux mais ça m’aurait ôté tout le plaisir de la chose.
Un plaisir presque aussi conséquent que celui que l’abruti m’avait donné.
Dommage, c’était un bon amant.
J’avais donc exécuté mon petit rituel, lui tranchant proprement la gorge sans ciller.
Je m’étais ensuite redressée, avais essuyé la lame sur le drap blanc qui se rougissait à vue d’œil sous mon regard tranquille.
En silence, je m’étais rhabillée, avais rangé mon arme avant de sortir de mon sac une de mes fameuses roses rouge et noire.
Prenant bien soin de le fixer, respectant son « sacrifice », je la lui avais déposé sur le torse avant de quitter tranquillement la pièce, veillant néanmoins à ce que personne ne me remarque.
C’était la règle, je devais entrer et ressortir sans être vue de personne.
J’avais alors quitté l’hôtel, saluant au passage le « portier » qui m’avait répondu d’un large sourire en rougissant légèrement.
Il faisait nuit noire. Une nuit étoilée.
La chaleur était au rendez-vous, comme toujours dans ce pays.
J’avais soupiré en ôtant ma petite veste, sans vraiment me préoccuper des regards flatteurs qui me transperçaient.
Puis, j’étais rentrée à pieds à mon hôtel véritable.
Il était vide mais le boss n’allait probablement pas tarder à rentrer.
Je m’étais alors servie un verre de champagne, cette boisson dont raffolaient les européens mais que je trouvais trop peu alcoolisé, moi qui avait toujours apprécié le Saké.
Ensuite, je m’étais installée tranquillement sur le sofa en cuir tout en sirotant le liquide pétillant, sans me préoccuper de la vue magnifique que m’offraient les lumières nocturnes de Sydney à travers l’immense baie vitrée.
Dix minutes plus tard, preuve que je ne m’étais pas trompée, Dogan était entré à son tour dans la grande et luxueuse chambre.
A son arrivée, j’avais levé mon verre avec emphase et il m’avait sourit.
Il était identique à lui-même.
Les mêmes lunettes jonchées au sommet de son nez plat, les mêmes cheveux courts et grisonnants qui commençaient progressivement à abandonner son crâne, le même maintien digne d’un prince, le même style guindé avec sa cravate grise et sa chemise blanche.
« - Bonsoir. » M’avait-il dit sereinement en ôtant sa veste et en la déposant sur une chaise.
Je lui avais répondu par un simple sourire et il ne s’en était pas formalisé, habitué à mon « manque de bonnes manières », comme il l’appelait toujours.
« - Tu as passé une bonne soirée ? »
« - … Hum… oui, délicieuse merci. » Avais-je répliqué en passant ma langue sur mes lèvres dans un geste des plus provocants qui lui arracha un rire rauque.
« - Kamakiri a encore frappé, je suppose ? » Avait-il soupiré, l’air désabusé.
« - Hum… Possible… Et vous ?»
« - Tu n’aurais pas du refaire ça ici. N’es-tu donc pas capable de te tenir une malheureuse semaine ? »
« - Pas vraiment, non. Désolée. » Avais-je lâché avec une certaine désinvolture, pas désolée du tout.
« - Je suis sérieux. »
J’avais hésité un instant sous son regard dur et réprobateur, profondément mal à l’aise soudain, avant de reprendre un peu à contre cœur mais d’une voix sincèrement navrée cette fois.
« - Je ne recommencerais plus avant qu’on ne soit rentré, c’est promis. »
« - Je n’en doute pas, nous repartons demain. »
« - Demain ? » M’étais-je étonnée.
« - Oui, il ne vaut mieux pas traîner dans les parages. » Avait-il glissé avec une complicité retrouvée.
« - Alors vous avez réussis ? » M’étais-je enthousiasmée un large sourire aux lèvres.
« - Nous avons réussis, Eiko. Tu m’as bien aidé, je te félicite. »
J’avais hoché la tête avant de me lever et de lui tendre un verre qu’il avait accepté avec un sourire bienveillant.
« - Tu devrais aller faire tes bagages. »
« - Nous ne fêtons pas notre réussite ? » L’avais-je interrogé, feignant la déception ce qui le fit sourire.
« - On fera ça chez nous… lorsqu’on sera certain qu’ils ne pourront plus nous atteindre. »
Nous ne le fêterions jamais… mais ça… je l’ignorais encore.
Enfin, au moins, là où nous allions, il y avait peu de chance pour qu’ils nous retrouvent…
Je m’étais donc exécutée, faisant mon sac avec un certain entrain.
J’avais hâte de rentrer à la maison.
Et puis, j’avais promis à mon père que je serais là pour son anniversaire qui avait lieu dans trois jours alors je m’en serais voulu de rompre mon engagement.
Il aurait fallu inventer un énième mensonge et j’étais soulagée de n’avoir pas à le faire.
Lorsque mes valises avaient été bouclées, j’étais revenu auprès de mon patron qui m’avait parut fort contrarié.
Il m’avait alors appris qu’il n’y avait pas de vol direct. J’avais tenté de le convaincre que ce n’était pas grave, qu’une journée de plus ne suffirait pas à trahir notre machination cependant il était beaucoup trop nerveux.
Ça ne lui ressemblait pas aussi lui avais-je proposé avec inquiétude de prendre un vol de liaison pour ensuite se rendre à Tôkyô.
Il avait approuvé l’idée et c’est ainsi que nous avions obtenu deux places sur l’Océanic 818 en direction de Los Angeles.
Il était onze heure quand j’avais daigné aller me coucher et grâce au ciel, je m’étais endormi presque aussitôt, plongeant dans un sommeil sans rêve.
…
… …
… … …
Je m’étais réveillé de bonne heure le lendemain, ce qui m’avait obligé à éteindre le réveil programmé pour dix heure et demi.
Je m’étais levée, avais fais mon jogging quotidien, avais déjeuné, m’étais préparée et ensuite… je m’étais terriblement ennuyée.
J’avais donc ressorti un vieux bouquin cornu de mon sac et m’étais plongée dans la lecture jusqu’à l’arrivé de Dogan, vers midi.
Nous étions alors partis déjeuners au restaurant et il m’avait laissé seule vers les coups de deux heures.
J’avais profité de mon temps libre pour faire un peu de shopping malgré ma valise déjà pleine à craquer.
J’étais rentrée, avais retrouvé le boss et nous avions discuté un moment des projets qu’il avait en tête me concernant.
Un black apparemment richissime contre lequel Dogan avait une dent.
Pas une grosse affaire mais qui me rapporterait un paquet d’argent comme c’était toujours le cas.
De toute manière, je ne refusais jamais une mission.
La soirée était finalement arrivée plus vite que je ne m’y étais attendu.
L’homme avait appelé un taxi et nous y étions montés moins de dix minutes plus tard.
Celui-ci nous avait déposé juste devant l’aéroport dans lequel nous nous étions engouffré sans nous presser.
Nous nous étions installés en attendant que l’hôtesse annonce l’arrivée de l’avion… ce qui avait affreusement tardé.
Impatiente, je m’étais alors levée pour aller voir de quoi il en retournait.
En me dirigeant vers les guichets, j’avais heurté quelque chose… ou quelqu’un.
Un noir, genre armoire à glace qui m’avait fixé d’un œil débonnaire tandis que je grommelais des excuses, pestant intérieurement contre ce débile incapable de regarder où il allait… même si je savais pertinemment que j’étais responsable de cette collision.
Bref, la femme m’avait apprit que notre vol avait vingt minutes de retard pour un problème technique ou je ne sais quoi.
Je n’avais pas vraiment écouté, à vrai dire.
Enrageant intérieur de l’incapacité de la compagnie d’avion, je m’étais rendue aux toilettes pour me passer un peu d’eau fraîche sur le visage.
On crevait de chaud dans cette ville, c’était infernal !
Je mourrais d’envie de retourner à mon Japon natal, croyez-moi.
J’avais alors jeté un dernier regard sur mon reflet.
Impeccable comme toujours.
En sortant, j’avais croisé un autre japonais, plutôt mignon avec son air sérieux de petit garçon sage. Il m’avait regardé avec des yeux ronds.
J’avais alors supposé avec indifférence que ma tenue d’escorte girls ne passait pas inaperçue.
Mais c’est ce que j’étais censé être pour Dogan alors…
J’avais haussé les épaules en lui faisant un petit clin d’œil qui avait parut l’embarrasser.
Encore un qu’il était facile de séduire.
Dommage, je n’avais pas le temps… et pas la permission pour ça.
Amusée, j’avais ris discrètement avant de m’éloigner et de retourner auprès du chef qui avait semblé n’avoir pas bougé d’un pouce.
Au bout d’un temps interminable pour moi qui n’avais jamais été très patiente, l’avion avait fini par revenir au bercail et nous avions alors pu embarquer tranquillement à son bord.
Dogan s’était installé à côté du hublot et moi à sa droite.
Et puis, et bien comme vous l’imaginez, l’avion avait décollé.
Petite douleur aux oreilles, boule à l’estomac… puis plus rien.
La pression était retombée.
Le voyage avait ensuite été des plus tranquille… ennuyeux aussi puisque mon accompagnateur n’avait jamais été très loquace.
J’avais donc ressortis mon vieux bouquin, priant pour que les heures défilent sans que je ne m’en rende compte.
Et ça avait été le cas… c’était toujours le cas quand je lisais, en fait.
Pourtant, un bruit n’avait pas tardé à s’élever, me tirant de ma lecture.
Le tonnerre… bien à tomber !
Un orage avait éclaté juste au dessus de nous.
Encore ma chance légendaire, ça…
Le commandant de bord avait rapidement fais un annonce après ça.
La radio était HS apparemment et le pilote avait décidé de se poser aux Fidji en attendant que le temps se calme.
Pour ma part, je m’étais sentis particulièrement nerveuse après ça.
Quelle idée de montrer à bord de gros trucs métalliques avec des ailes aussi !
Je n’avais pourtant pas la réputation d’être une trouillarde, loin de là mais quand les premières turbulences avaient fais leur apparition je n’en avais pas mené très large.
L’homme d’affaire, lui, n’avait pas bronché, paraissant ne rien remarquer.
Incroyable ! J’aurais aimé avoir une telle maîtrise devant l’impuissance qu’engendrait notre situation !
Cette pensée fut l’une des dernières qui me traversa l’esprit avant le crash… avant que disparaisse mes souvenirs et avec eux ma personnalité… avant que ce maudit avion ne s’écrase sur cette île perdue au beau milieu de nulle part.
Un accident… un vulgaire accident mais qui allait définitivement changer ma vie… mais qui allait surtout me changer, moi.
Mais revenons-en plutôt à ce qu’il s’était passé avant que ne bascule toute mon existence.
… Hum… par où commencer ?
Ah je sais, entamons ce récit par un sujet bien plus agréable… bien plus alléchant… comme par exemple l’Apollon que j’avais choisis pour passer la nuit qui précéda le drame.
Un homme bien bâtis mais avec peu de conversation comme je les aimais.
Son prénom ? … Est-ce qu’il me l’avait au moins dit ?
C’était probable mais j’avais une certaine tendance à passer sous silence toute les informations secondaires, celles qui ne servait à rien.
Je l’avais traîné dans une chambre et cet idiot avais parut ne pas en croire sa chance.
C’était compréhensible.
Peu d’homme avait l’occasion de coucher avec moi… ou du moins peu d’hommes étaient encore là pour en parler. Peu ? Aucun en fait.
Cela dit, je comprenais sa joie.
Ne nous leurrons pas, j’étais sans doute la femme la plus sexy et la plus belle qu’il aurait jamais l’opportunité de caresser, de voir nue… la dernière d’ailleurs.
Une idée assez plaisante.
Il me désirait et n’aurait plus l’occasion de désirer personne.
J’étais, même s’il l’ignorait, le coup le plus inoubliable qu’il n’aurait jamais eu.
D’ailleurs, je m’attelais toujours à ne pas les décevoir.
Après tout, il fallait que l’acte soit fabuleux puisqu’il s’agissait de l’ultime chose qu’il ferait !
Au moins, il mourrait après le plaisir suprême. Tout le monde ne pouvait pas en dire autant.
Et mes victimes succombaient rapidement, sans réelles souffrances.
Pas comme pour Anko qui prenait toujours un malin plaisir à faire durer la chose.
J’étais probablement folle mais pas encore sado.
Quoi qu’il en soit, nous étions monté, nous nous étions déshabillés en toute hâte et je l’avais poussé sans ménagement sur le lit avant de le chevaucher.
J’avais toujours préféré dominer… que ce soit les hommes ou les choses.
J’aimais avoir le contrôle total.
C’était peut-être ça aussi qui me plaisait dans le métier de tueuse à gage.
J’avais la vie de ma cible entre mes mains quand elle ignorait la plus part du temps qu’elle vivait ces derniers instants.
Jouissif, n’est-ce pas ? … Du moins, ça l’était pour moi.
Métier ? Oh oui…
Je ne considérais pas ça comme autre chose.
C’était mon activité professionnelle. Après tout, je touchais un salaire et tout ça.
Quant à ce que je m’apprêtais à faire là, ça n’avait rien à voir, ça c’était plutôt pour mon plaisir personnel.
Je n’avais de compte à rendre à personne, cette fois.
Cruelle ?
Hum… c’est vrai mais je n’avais plus de remords depuis longtemps alors inutile de tenter de m’en insuffler.
D’autant qu’était-il plus scrupuleux que moi si on s’en fiait à la marque de bronzage qui ornait son annulaire, signe évident qu’il avait ôté son alliance à mon arrivée dans la pièce ?
En tout cas, j’étais bien loin de ce genre de considération lorsque cet imbécile me fit grimper au plafond… trois fois d’affilé.
Bref, lorsqu’il avait été « rassasié » et que moi aussi, il avait roulé sur le côté, le souffle court me laissant savourer cet instant.
J’aimais ce silence…
Celui qui suit l’acte sexuel… quand les deux corps relâchent la tension, quand l’esprit est complètement vidé.
Je n’en avais pourtant pas profité très longtemps avant de me pencher en avant, de saisir mon sac à main et d’en sortir mon couteau.
Oh j’aurais pu faire ça plus simplement avec mon flingue en mode silencieux mais ça m’aurait ôté tout le plaisir de la chose.
Un plaisir presque aussi conséquent que celui que l’abruti m’avait donné.
Dommage, c’était un bon amant.
J’avais donc exécuté mon petit rituel, lui tranchant proprement la gorge sans ciller.
Je m’étais ensuite redressée, avais essuyé la lame sur le drap blanc qui se rougissait à vue d’œil sous mon regard tranquille.
En silence, je m’étais rhabillée, avais rangé mon arme avant de sortir de mon sac une de mes fameuses roses rouge et noire.
Prenant bien soin de le fixer, respectant son « sacrifice », je la lui avais déposé sur le torse avant de quitter tranquillement la pièce, veillant néanmoins à ce que personne ne me remarque.
C’était la règle, je devais entrer et ressortir sans être vue de personne.
J’avais alors quitté l’hôtel, saluant au passage le « portier » qui m’avait répondu d’un large sourire en rougissant légèrement.
Il faisait nuit noire. Une nuit étoilée.
La chaleur était au rendez-vous, comme toujours dans ce pays.
J’avais soupiré en ôtant ma petite veste, sans vraiment me préoccuper des regards flatteurs qui me transperçaient.
Puis, j’étais rentrée à pieds à mon hôtel véritable.
Il était vide mais le boss n’allait probablement pas tarder à rentrer.
Je m’étais alors servie un verre de champagne, cette boisson dont raffolaient les européens mais que je trouvais trop peu alcoolisé, moi qui avait toujours apprécié le Saké.
Ensuite, je m’étais installée tranquillement sur le sofa en cuir tout en sirotant le liquide pétillant, sans me préoccuper de la vue magnifique que m’offraient les lumières nocturnes de Sydney à travers l’immense baie vitrée.
Dix minutes plus tard, preuve que je ne m’étais pas trompée, Dogan était entré à son tour dans la grande et luxueuse chambre.
A son arrivée, j’avais levé mon verre avec emphase et il m’avait sourit.
Il était identique à lui-même.
Les mêmes lunettes jonchées au sommet de son nez plat, les mêmes cheveux courts et grisonnants qui commençaient progressivement à abandonner son crâne, le même maintien digne d’un prince, le même style guindé avec sa cravate grise et sa chemise blanche.
« - Bonsoir. » M’avait-il dit sereinement en ôtant sa veste et en la déposant sur une chaise.
Je lui avais répondu par un simple sourire et il ne s’en était pas formalisé, habitué à mon « manque de bonnes manières », comme il l’appelait toujours.
« - Tu as passé une bonne soirée ? »
« - … Hum… oui, délicieuse merci. » Avais-je répliqué en passant ma langue sur mes lèvres dans un geste des plus provocants qui lui arracha un rire rauque.
« - Kamakiri a encore frappé, je suppose ? » Avait-il soupiré, l’air désabusé.
« - Hum… Possible… Et vous ?»
« - Tu n’aurais pas du refaire ça ici. N’es-tu donc pas capable de te tenir une malheureuse semaine ? »
« - Pas vraiment, non. Désolée. » Avais-je lâché avec une certaine désinvolture, pas désolée du tout.
« - Je suis sérieux. »
J’avais hésité un instant sous son regard dur et réprobateur, profondément mal à l’aise soudain, avant de reprendre un peu à contre cœur mais d’une voix sincèrement navrée cette fois.
« - Je ne recommencerais plus avant qu’on ne soit rentré, c’est promis. »
« - Je n’en doute pas, nous repartons demain. »
« - Demain ? » M’étais-je étonnée.
« - Oui, il ne vaut mieux pas traîner dans les parages. » Avait-il glissé avec une complicité retrouvée.
« - Alors vous avez réussis ? » M’étais-je enthousiasmée un large sourire aux lèvres.
« - Nous avons réussis, Eiko. Tu m’as bien aidé, je te félicite. »
J’avais hoché la tête avant de me lever et de lui tendre un verre qu’il avait accepté avec un sourire bienveillant.
« - Tu devrais aller faire tes bagages. »
« - Nous ne fêtons pas notre réussite ? » L’avais-je interrogé, feignant la déception ce qui le fit sourire.
« - On fera ça chez nous… lorsqu’on sera certain qu’ils ne pourront plus nous atteindre. »
Nous ne le fêterions jamais… mais ça… je l’ignorais encore.
Enfin, au moins, là où nous allions, il y avait peu de chance pour qu’ils nous retrouvent…
Je m’étais donc exécutée, faisant mon sac avec un certain entrain.
J’avais hâte de rentrer à la maison.
Et puis, j’avais promis à mon père que je serais là pour son anniversaire qui avait lieu dans trois jours alors je m’en serais voulu de rompre mon engagement.
Il aurait fallu inventer un énième mensonge et j’étais soulagée de n’avoir pas à le faire.
Lorsque mes valises avaient été bouclées, j’étais revenu auprès de mon patron qui m’avait parut fort contrarié.
Il m’avait alors appris qu’il n’y avait pas de vol direct. J’avais tenté de le convaincre que ce n’était pas grave, qu’une journée de plus ne suffirait pas à trahir notre machination cependant il était beaucoup trop nerveux.
Ça ne lui ressemblait pas aussi lui avais-je proposé avec inquiétude de prendre un vol de liaison pour ensuite se rendre à Tôkyô.
Il avait approuvé l’idée et c’est ainsi que nous avions obtenu deux places sur l’Océanic 818 en direction de Los Angeles.
Il était onze heure quand j’avais daigné aller me coucher et grâce au ciel, je m’étais endormi presque aussitôt, plongeant dans un sommeil sans rêve.
…
… …
… … …
Je m’étais réveillé de bonne heure le lendemain, ce qui m’avait obligé à éteindre le réveil programmé pour dix heure et demi.
Je m’étais levée, avais fais mon jogging quotidien, avais déjeuné, m’étais préparée et ensuite… je m’étais terriblement ennuyée.
J’avais donc ressorti un vieux bouquin cornu de mon sac et m’étais plongée dans la lecture jusqu’à l’arrivé de Dogan, vers midi.
Nous étions alors partis déjeuners au restaurant et il m’avait laissé seule vers les coups de deux heures.
J’avais profité de mon temps libre pour faire un peu de shopping malgré ma valise déjà pleine à craquer.
J’étais rentrée, avais retrouvé le boss et nous avions discuté un moment des projets qu’il avait en tête me concernant.
Un black apparemment richissime contre lequel Dogan avait une dent.
Pas une grosse affaire mais qui me rapporterait un paquet d’argent comme c’était toujours le cas.
De toute manière, je ne refusais jamais une mission.
La soirée était finalement arrivée plus vite que je ne m’y étais attendu.
L’homme avait appelé un taxi et nous y étions montés moins de dix minutes plus tard.
Celui-ci nous avait déposé juste devant l’aéroport dans lequel nous nous étions engouffré sans nous presser.
Nous nous étions installés en attendant que l’hôtesse annonce l’arrivée de l’avion… ce qui avait affreusement tardé.
Impatiente, je m’étais alors levée pour aller voir de quoi il en retournait.
En me dirigeant vers les guichets, j’avais heurté quelque chose… ou quelqu’un.
Un noir, genre armoire à glace qui m’avait fixé d’un œil débonnaire tandis que je grommelais des excuses, pestant intérieurement contre ce débile incapable de regarder où il allait… même si je savais pertinemment que j’étais responsable de cette collision.
Bref, la femme m’avait apprit que notre vol avait vingt minutes de retard pour un problème technique ou je ne sais quoi.
Je n’avais pas vraiment écouté, à vrai dire.
Enrageant intérieur de l’incapacité de la compagnie d’avion, je m’étais rendue aux toilettes pour me passer un peu d’eau fraîche sur le visage.
On crevait de chaud dans cette ville, c’était infernal !
Je mourrais d’envie de retourner à mon Japon natal, croyez-moi.
J’avais alors jeté un dernier regard sur mon reflet.
Impeccable comme toujours.
En sortant, j’avais croisé un autre japonais, plutôt mignon avec son air sérieux de petit garçon sage. Il m’avait regardé avec des yeux ronds.
J’avais alors supposé avec indifférence que ma tenue d’escorte girls ne passait pas inaperçue.
Mais c’est ce que j’étais censé être pour Dogan alors…
J’avais haussé les épaules en lui faisant un petit clin d’œil qui avait parut l’embarrasser.
Encore un qu’il était facile de séduire.
Dommage, je n’avais pas le temps… et pas la permission pour ça.
Amusée, j’avais ris discrètement avant de m’éloigner et de retourner auprès du chef qui avait semblé n’avoir pas bougé d’un pouce.
Au bout d’un temps interminable pour moi qui n’avais jamais été très patiente, l’avion avait fini par revenir au bercail et nous avions alors pu embarquer tranquillement à son bord.
Dogan s’était installé à côté du hublot et moi à sa droite.
Et puis, et bien comme vous l’imaginez, l’avion avait décollé.
Petite douleur aux oreilles, boule à l’estomac… puis plus rien.
La pression était retombée.
Le voyage avait ensuite été des plus tranquille… ennuyeux aussi puisque mon accompagnateur n’avait jamais été très loquace.
J’avais donc ressortis mon vieux bouquin, priant pour que les heures défilent sans que je ne m’en rende compte.
Et ça avait été le cas… c’était toujours le cas quand je lisais, en fait.
Pourtant, un bruit n’avait pas tardé à s’élever, me tirant de ma lecture.
Le tonnerre… bien à tomber !
Un orage avait éclaté juste au dessus de nous.
Encore ma chance légendaire, ça…
Le commandant de bord avait rapidement fais un annonce après ça.
La radio était HS apparemment et le pilote avait décidé de se poser aux Fidji en attendant que le temps se calme.
Pour ma part, je m’étais sentis particulièrement nerveuse après ça.
Quelle idée de montrer à bord de gros trucs métalliques avec des ailes aussi !
Je n’avais pourtant pas la réputation d’être une trouillarde, loin de là mais quand les premières turbulences avaient fais leur apparition je n’en avais pas mené très large.
L’homme d’affaire, lui, n’avait pas bronché, paraissant ne rien remarquer.
Incroyable ! J’aurais aimé avoir une telle maîtrise devant l’impuissance qu’engendrait notre situation !
Dernière édition par Eiko Hajihiro le Sam 6 Juin - 15:37, édité 3 fois

Eiko Hajihiro- Admin
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Date d'inscription: 02/06/2009
Age: 19
Re: Start Over [pv Eiko]
Les turbulences s’étaient malheureuses faites de plus en plus nombreuses, de plus en plus violentes.
Les masques à oxygènes étaient brusquement tombés sous le coup de la dépressurisation.
J’étais particulièrement effrayée par tout ça mais avais bravement tenté de lutter contre ma frayeur.
A côté de moi, j’avais entendu une vieille dame prier… et plus loin un gamin qui pleurait.
J’avais crispée mes mains sur les accoudoirs, essayant de ne pas paniquer, de garder mon sang-froid.
Mais c’est alors que la queue de l’appareil s’était détachée.
Des cris et des hurlements s’étaient alors élevés.
Les passagers avaient tous tenté de se retenir, de ne pas se faire aspirer par le trou béant et sans aucun doute mortel.
Je m’étais agrippée très fort à mon siège tournant la tête vers Dogan qui regardait droit devant lui, la mâchoire crispé mais le regard impassible.
L’enfer… un enfer vaguement familier.
Cette panique, ces voix… j’eu l’impression de repartir douze ans en arrière… dans un petit supermarché de rien du tout…
J’avais alors eu l’impression que mes yeux allaient déborder néanmoins je n’allais même pas avoir le temps de pleurer.
En effet, alors que j’avais fermé les paupières si fort que ça en était presque douloureux, j’avais sentis quelque chose au niveau de la tête… et avant même que je ne puisse réaliser que c’était douloureux je fus emporté par les ténèbres de l’inconscience…
« Et dire que vingt quatre heures plus tôt, j’étais tranquillement installée à l’hôtel, aux côtés d’un mannequin australien. »
…
… …
… … …
Des cris… des supplications…
Une lumière rouge malgré le voile de mes paupières closes.
La douleur… profonde, dévorante… partout.
Ma tête… si mal…
La nausée aussi… mes entrailles se tordent dans tous les sens… peut-être à cause de la peur, peut-être à cause de la détresse que je perçois dans les hurlements… un désarroi difficilement supportable qui me renvoi à un souvenir…
Trop flou… je n’arrive pas à savoir ce que c’est…
Des explosions qui me vrillent les tympans…
Un liquide chaud qui coule le long de mes tempes…
Autant de sensations qui ne s’enchaînent pas logiquement dans mon esprit.
Je ne comprends pas… je veux ouvrir les yeux.
C’est trop difficile…
Je repars… je le sens… je ne lutte pas… car je ne veux pas voir, car je ne veux pas comprendre…
…
… …
… … …
Une à une, les sensations me revenaient…
Quelque chose que j’aurais préféré éviter.
Tout d’abord, la douleur… une douleur qui m’enserrait le crâne avec plus d’efficacité que n’importe quel étau.
Je commençais à ressentir terriblement bien l’ensemble de mon corps… vous savez comme lorsque vous vous « découvrez » des muscles suite à un choc quelconque.
Je me sentais meurtris et fourbue sans comprendre pourquoi aussi m’astreignais-je à ne pas bouger pendant quelques minutes, espérant que la souffrance aller disparaître.
Pure utopie…
Me résignant, j’entrouvris péniblement les paupières, clignai plusieurs fois des yeux avant de parvenir à les garder ouverts.
Heureusement la lumière ambiante était douce, loin de l’agressivité du soleil, ce qui me permit de ne pas succomber totalement à la migraine qui me tenaillait.
D’après ce que je pouvais constater dans ma position, il ne faisait plus tout à fait nuit mais pas tout à fait jour.
L’aube sans doute…
Je tentais un instant de remettre un peu d’ordre à mon esprit embrouillé… en vain.
Je baignais dans un brouillard total et particulièrement dense et j’étais bien incapable de le dissiper.
Espérant trouver un semblant d’informations, je tournai la tête sur ma droite avec une lenteur délibérée, désireuse ne pas me blesser davantage aux cervicales.
J’essayai alors de distinguer quelque chose malgré ma vision brouillée mais, là encore, ce ne fut pas une grande réussite.
Je notais vaguement que j’étais allongée sur le sol, dehors si je m’en fiais à la brise quasi-imperceptible mais qui m’arracha tout de même un léger frisson.
Il semblait y avoir des formes pas très loin de moi mais ma vue était encore trop trouble pour que je puisse savoir de quoi il s’agissait.
Soulevant lentement le bras pour tenter de la rendre plus nette en me frottant les yeux, je ne réussis néanmoins qu’à m’arracher une grimace de douleur.
J’ignorai ce qu’il m’arrivait mais j’aurais donné cher pour me rendormir illico presto et ne plus ressentir cette douleur généralisé !
Au bout d’un certain temps, je décidais de me redresser, ce qui ne fut pas une mince affaire.
La douleur semblait se propager dans tout mon être au moindre de mes mouvements… quant à ma tête, ça ne s’améliorait vraiment pas.
La migraine était si forte que je peinais à garder les prunelles ouvertes et plus globalement à réfléchir.
Si je m’étais écoutée, j’aurais simplement tenté de m’assoupir à nouveau… toutefois il y avait quelque chose… cette sensation, ce… pressentiment qui m’interdisait de retourner auprès de Morphée.
Quelque chose clochait.
Je ne me souvenais pas quoi mais… j’avais l’impression qu’il me fallait retrouver ma lucidité et rapidement !
J’avais cette sorte d’inexplicable appréhension…
Une appréhension qui ne put que s’intensifier lorsque j’eu enfin réussi à me mettre assise.
Mes iris retrouvèrent peu à peu la totalité de leurs capacités, me permettant ainsi d’observer réellement ce qui m’entourait…
J’étais sur le sable… une plage si j’en croyais le bruit régulier et spécifique qui me parvenait.
Hormis les vagues, un profond silence enveloppait cet endroit et je trouvais ça vaguement dérangeant.
Mes prunelles d’ores et déjà affolées glissèrent alors jusqu’à une forme indistincte un peu plus loin.
Plissant les yeux et me concentrant un moment sur cette dernière, je parvins bientôt à définir de quoi il s’agissait… ou de qui devrais-je dire…
Un homme allongé et immobile… et près de lui, des morceaux de ferrailles plantés dans le sol…
Incrédule et apeurée, je le quittais du regard mais celui-ci s’échoua sur une deuxième silhouette, puis une troisième…
Toutes inertes…
La boule qui venait de se former au creux de ma gorge fut sans doute l’unique chose qui m’empêcha de crier.
Morts ! Ils étaient tous morts !
Oh mon Dieu ! J’étais la seule survivante !
Mais… mais qui étaient-ils au juste ?!
Où est-ce que j’étais ?!
Qu’est-ce que je faisais là ?!
… Je… ?
Et moi… ?
Et moi, qui… qui j’étais ?
Ce fut uniquement à cet instant précis que je le ressentis… ce vide en moi…
J’avais beau me creuser les méninges, rien ne me revenait… aucune des réponses que je cherchais ne s’imposait à moi.
En outre, la panique qui s’était engouffrée en moi m’empêchait de raisonner convenablement.
Je… je savais que j’étais « moi » mais… ça semblait dénué de sens brutalement !
Mes souvenirs semblaient s’être perdu dans le néant et je…
Que… que m’arrivait-il, bon sang ?!
Je tentai désespérément de faire appel à eux, n’importe lequel, même un de moindre importance, mais… c’était comme si là où ils auraient du se trouver il n’y avait qu’un trou noir et béant.
J’avais l’impression d’avoir été dépossédé d’une partie de moi… comme si ma mémoire avait été violée et qu’on me l’avait ensuite dérobé…
Je sentis les larmes me monter aux yeux mais ne les réprimais pas.
C’était si effrayant !
Je… je devais me calmer !
Garder mon sang-froid !
Je devais juste rester tranquille et réfléchir !
Il n’y avait aucune raison pour que ça ne me revienne pas !
C’était ma peur… oui voilà, ça devait être ça… c’était elle qui m’empêchait de me souvenir !
Je me laissais trop déborder, voilà tout !
Expirant et inspirant profondément, luttant pour réprimer ma terreur, je posais alors les yeux sur un objet scintillant à mon poignet.
Je le levais mollement, observant un instant la gourmette argentée qui y pendait avant de remarquer la gravure qui la parcourait.
Eiko… c’était le prénom qui y était inscrit…
Eiko… ?
C’était moi !
Un profond soulagement m’envahit durant un bref instant.
Je m’en souvenais… je m’appelais Eiko Hajihiro !
J’étais japonaise !
Une information capitale, maigre certes, mais indispensable.
Je n’avais pas totalement tout oublié !
Toutefois, ce répit fut de courte durée.
Oui, je… j’étais toujours sur cette plage inconnue, entourée par des dizaines de morts !
J’ignorais pourquoi j’étais là mais je voulais partir, de cela j’en avais la certitude.
Aussi, ignorant volontairement mes courbatures et autres réjouissances du même genre, je me mis debout, bien décidée à quitter cet endroit, non sans ôter l’unique chaussure à talons qui me restait, l’abandonnant sans remords.
Je vacillais un instant, peinant à trouver mon équilibre mais parvins à me stabiliser de justesse.
Sans cesser de méditer sur le gouffre de ma mémoire… sans cesser d’essayer de le remplir d’ailleurs, je mis en sourdine mon angoisse dévorante ainsi que cette sensation désagréable d’être… incomplète… tandis que je commençais à avancer lentement.
Ma tête me brûlait toujours atrocement mais ça me semblait plus supportable déjà… l’habitude peut-être.
Ne pas penser aux cadavres, ne pas m’attarder à la question lancinante de mon identité et avancer, un pas après l’autre.
Ma démarche était mal assurée à cause de l’étau qui me broyait le crâne et je n’étais même pas certaine que mes larmes aient cessé de couler.
Je me sentais épuisée… physiquement d’abord mais mentalement aussi.
C’était… profondément éprouvant. Ce point d’interrogation, cette absence…
Ne pas savoir, être impuissante… c’était tellement pénible !
Au prix d’un immense effort, je sortie de cette torture mentale.
Pour l’heure, je devais trouver quelqu’un… quitter cet enfer.
C’était tout de même assez paradoxal…
Cette plage et l’océan que je contemplais à présent aurait pu être idyllique si il n’y avait pas eu tous ces corps inanimés étendus un peu partout…
Là c’était une dimension infernale dans un cadre paradisiaque…
Une sensation fraîche et agréable me tira soudainement de ma rêverie.
Baissant la tête, je restais immobile, observant les vaguelettes qui se heurtaient doucement à mes chevilles.
C’est alors que j’aperçus mon reflet tremblotant sur la surface limpide…
Je… c’était moi ?
Bizarrement, ça ne m’inspirait pas grand-chose… j’avais l’impression de contempler une étrangère…
De longs cheveux noirs emmêlés… une tâche rouge sur la tempe que je devinais être du sang séché, un visage… japonais comme je l’avais deviné…
Des yeux secs à ma grande stupéfaction…
Une inconnue qui me rendait ce regard perdu et hagard qui était le mien.
Elle… moi… je portais une robe bleue particulièrement osée et moulante qui m’aurait fais rougir si je n’avais pas été plongée dans cette indicible torpeur.
J’avais espéré que ça m’aiderait à me resituer mais je… je me sentais de plus en plus mal à l’aise face à cette personne que je ne reconnaissais pas…
Dans un geste de frustration, j’eu un mouvement du pied qui dissipa brièvement cette étrange vision.
Puis, peu désireuse de m’attarder à ce désolant spectacle, je m’accroupis, pris de l’eau dans mes mains avant de me les passer délicatement sur le visage, prenant bien soin de fermer les yeux.
Ça faisait du bien… c’était rafraîchissant…
Je m’attelai rapidement à supprimer le tracé vermeille qu’avait formé mon liquide vital avant de me redresser.
Je restais immobile quelques secondes supplémentaire, mes prunelles s’égarant sur cette étendue bleue qui semblait s’étendre à l’infinie.
C’était aussi troublant qu’apaisant en vérité.
Tout était si confus en moi !
Je n’avais pas la moindre certitude et mes pensées fusaient dans tous les sens…
Mon état intérieur contrastait tellement avec la sérénité de ce tableau…
J’en étais là dans mes pensées lorsqu’une impression insolite me fit tourner la tête sur la gauche…
C’est là que je le vis.
Non, pas la carcasse éventrée de l’avion, ça c’était un « détail minime »… quoi que fort instructif… là je parlais plutôt d’un garçon.
Il se tenait à quelques mètres seulement de moi… semblable à un mirage.
Je le contemplais quelques instant, ne le voyant pas très bien, l’air visiblement perdu et étonnée avant que la vérité ne s’impose à moi.
Il bel et bien vivant ! Je ne rêvais pas !
Dieu soit loué ! Je n’étais pas seule !
Il avait survécu lui aussi !
Un soulagement sans nom s’empara alors de moi tandis que je faisais un pas vers lui, un peu hésitante mais visiblement ravie de le trouver là.
Je me sentais soudain plus légère… il avait forcément des explications lui !
Je… il saurait me dire lui !
Sans attendre une seconde supplémentaire, je fis taire ma méfiance et m’élançai dans sa direction.
Moi qui avais eu du mal à marcher, je ne me croyais pas capable de courir et pourtant… la présence de cet étranger… ou de ce peut-être étranger… me donnait des ailes !
Je m’immobilisais finalement à moins d’un mètre de lui, ne prêtant pas vraiment attention à cette proximité.
Levant légèrement la tête, je posais sur lui un regard humide et particulièrement soulagé.
« - Vous… vous n’êtes… vous n’êtes pas mort ! » Haletais-je, radieuse mais essoufflée par ma petite course. « - Vous êtes vivant ! » Enchaînais-je très vite un sourire se formant sur mes lèvres alors que je n’en croyais pas ma chance.
… Evidemment, mon soulagement se comprenait mieux en sachant que je croyais que tout le monde était mort.
Je n’avais même pas pensé qu’ils pouvaient être simplement endormis…
J’allais d’ailleurs me sentir bien bête… mais pour l’heure, j’étais entièrement à mon euphorie d’avoir « retrouver » un autre survivant.
« - Je ne suis pas seule ! » Me réjouis-je toute seule avant de me calmer quelque peu.
Je m’autorisais à le dévisager quelques secondes.
Comble de la chance, c’était un japonais lui aussi !
Avoir autant de veine était incroyable !
En tout cas, il était… mignon…
Des cheveux noir, mi-long qui encadraient son visage et barraient son front, des yeux sombre d’une indéfinissable couleur, des lèvres joliment ourlées…
Il était séduisant cependant je reléguais prestement ce constat à la seconde place.
« - Vous… qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’on fait ici ? … Et puis qui… qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connaît ? … Et eux, qu’est-ce qui leur est arrivé ? » L’assaillais-je de question, l’air à nouveau vaguement affolé et priant pour obtenir enfin des réponses à cette foule de questions qui se bousculaient en moi et se pressaient au bord de mes lèvres.
Lèvres, que j’avais involontairement laissées entrouvertes dans une expression de vulnérabilité non calculée.
Ce n’était pas de ma faute, j’étais tellement désemparée !
Les masques à oxygènes étaient brusquement tombés sous le coup de la dépressurisation.
J’étais particulièrement effrayée par tout ça mais avais bravement tenté de lutter contre ma frayeur.
A côté de moi, j’avais entendu une vieille dame prier… et plus loin un gamin qui pleurait.
J’avais crispée mes mains sur les accoudoirs, essayant de ne pas paniquer, de garder mon sang-froid.
Mais c’est alors que la queue de l’appareil s’était détachée.
Des cris et des hurlements s’étaient alors élevés.
Les passagers avaient tous tenté de se retenir, de ne pas se faire aspirer par le trou béant et sans aucun doute mortel.
Je m’étais agrippée très fort à mon siège tournant la tête vers Dogan qui regardait droit devant lui, la mâchoire crispé mais le regard impassible.
L’enfer… un enfer vaguement familier.
Cette panique, ces voix… j’eu l’impression de repartir douze ans en arrière… dans un petit supermarché de rien du tout…
J’avais alors eu l’impression que mes yeux allaient déborder néanmoins je n’allais même pas avoir le temps de pleurer.
En effet, alors que j’avais fermé les paupières si fort que ça en était presque douloureux, j’avais sentis quelque chose au niveau de la tête… et avant même que je ne puisse réaliser que c’était douloureux je fus emporté par les ténèbres de l’inconscience…
« Et dire que vingt quatre heures plus tôt, j’étais tranquillement installée à l’hôtel, aux côtés d’un mannequin australien. »
…
… …
… … …
Des cris… des supplications…
Une lumière rouge malgré le voile de mes paupières closes.
La douleur… profonde, dévorante… partout.
Ma tête… si mal…
La nausée aussi… mes entrailles se tordent dans tous les sens… peut-être à cause de la peur, peut-être à cause de la détresse que je perçois dans les hurlements… un désarroi difficilement supportable qui me renvoi à un souvenir…
Trop flou… je n’arrive pas à savoir ce que c’est…
Des explosions qui me vrillent les tympans…
Un liquide chaud qui coule le long de mes tempes…
Autant de sensations qui ne s’enchaînent pas logiquement dans mon esprit.
Je ne comprends pas… je veux ouvrir les yeux.
C’est trop difficile…
Je repars… je le sens… je ne lutte pas… car je ne veux pas voir, car je ne veux pas comprendre…
…
… …
… … …
Une à une, les sensations me revenaient…
Quelque chose que j’aurais préféré éviter.
Tout d’abord, la douleur… une douleur qui m’enserrait le crâne avec plus d’efficacité que n’importe quel étau.
Je commençais à ressentir terriblement bien l’ensemble de mon corps… vous savez comme lorsque vous vous « découvrez » des muscles suite à un choc quelconque.
Je me sentais meurtris et fourbue sans comprendre pourquoi aussi m’astreignais-je à ne pas bouger pendant quelques minutes, espérant que la souffrance aller disparaître.
Pure utopie…
Me résignant, j’entrouvris péniblement les paupières, clignai plusieurs fois des yeux avant de parvenir à les garder ouverts.
Heureusement la lumière ambiante était douce, loin de l’agressivité du soleil, ce qui me permit de ne pas succomber totalement à la migraine qui me tenaillait.
D’après ce que je pouvais constater dans ma position, il ne faisait plus tout à fait nuit mais pas tout à fait jour.
L’aube sans doute…
Je tentais un instant de remettre un peu d’ordre à mon esprit embrouillé… en vain.
Je baignais dans un brouillard total et particulièrement dense et j’étais bien incapable de le dissiper.
Espérant trouver un semblant d’informations, je tournai la tête sur ma droite avec une lenteur délibérée, désireuse ne pas me blesser davantage aux cervicales.
J’essayai alors de distinguer quelque chose malgré ma vision brouillée mais, là encore, ce ne fut pas une grande réussite.
Je notais vaguement que j’étais allongée sur le sol, dehors si je m’en fiais à la brise quasi-imperceptible mais qui m’arracha tout de même un léger frisson.
Il semblait y avoir des formes pas très loin de moi mais ma vue était encore trop trouble pour que je puisse savoir de quoi il s’agissait.
Soulevant lentement le bras pour tenter de la rendre plus nette en me frottant les yeux, je ne réussis néanmoins qu’à m’arracher une grimace de douleur.
J’ignorai ce qu’il m’arrivait mais j’aurais donné cher pour me rendormir illico presto et ne plus ressentir cette douleur généralisé !
Au bout d’un certain temps, je décidais de me redresser, ce qui ne fut pas une mince affaire.
La douleur semblait se propager dans tout mon être au moindre de mes mouvements… quant à ma tête, ça ne s’améliorait vraiment pas.
La migraine était si forte que je peinais à garder les prunelles ouvertes et plus globalement à réfléchir.
Si je m’étais écoutée, j’aurais simplement tenté de m’assoupir à nouveau… toutefois il y avait quelque chose… cette sensation, ce… pressentiment qui m’interdisait de retourner auprès de Morphée.
Quelque chose clochait.
Je ne me souvenais pas quoi mais… j’avais l’impression qu’il me fallait retrouver ma lucidité et rapidement !
J’avais cette sorte d’inexplicable appréhension…
Une appréhension qui ne put que s’intensifier lorsque j’eu enfin réussi à me mettre assise.
Mes iris retrouvèrent peu à peu la totalité de leurs capacités, me permettant ainsi d’observer réellement ce qui m’entourait…
J’étais sur le sable… une plage si j’en croyais le bruit régulier et spécifique qui me parvenait.
Hormis les vagues, un profond silence enveloppait cet endroit et je trouvais ça vaguement dérangeant.
Mes prunelles d’ores et déjà affolées glissèrent alors jusqu’à une forme indistincte un peu plus loin.
Plissant les yeux et me concentrant un moment sur cette dernière, je parvins bientôt à définir de quoi il s’agissait… ou de qui devrais-je dire…
Un homme allongé et immobile… et près de lui, des morceaux de ferrailles plantés dans le sol…
Incrédule et apeurée, je le quittais du regard mais celui-ci s’échoua sur une deuxième silhouette, puis une troisième…
Toutes inertes…
La boule qui venait de se former au creux de ma gorge fut sans doute l’unique chose qui m’empêcha de crier.
Morts ! Ils étaient tous morts !
Oh mon Dieu ! J’étais la seule survivante !
Mais… mais qui étaient-ils au juste ?!
Où est-ce que j’étais ?!
Qu’est-ce que je faisais là ?!
… Je… ?
Et moi… ?
Et moi, qui… qui j’étais ?
Ce fut uniquement à cet instant précis que je le ressentis… ce vide en moi…
J’avais beau me creuser les méninges, rien ne me revenait… aucune des réponses que je cherchais ne s’imposait à moi.
En outre, la panique qui s’était engouffrée en moi m’empêchait de raisonner convenablement.
Je… je savais que j’étais « moi » mais… ça semblait dénué de sens brutalement !
Mes souvenirs semblaient s’être perdu dans le néant et je…
Que… que m’arrivait-il, bon sang ?!
Je tentai désespérément de faire appel à eux, n’importe lequel, même un de moindre importance, mais… c’était comme si là où ils auraient du se trouver il n’y avait qu’un trou noir et béant.
J’avais l’impression d’avoir été dépossédé d’une partie de moi… comme si ma mémoire avait été violée et qu’on me l’avait ensuite dérobé…
Je sentis les larmes me monter aux yeux mais ne les réprimais pas.
C’était si effrayant !
Je… je devais me calmer !
Garder mon sang-froid !
Je devais juste rester tranquille et réfléchir !
Il n’y avait aucune raison pour que ça ne me revienne pas !
C’était ma peur… oui voilà, ça devait être ça… c’était elle qui m’empêchait de me souvenir !
Je me laissais trop déborder, voilà tout !
Expirant et inspirant profondément, luttant pour réprimer ma terreur, je posais alors les yeux sur un objet scintillant à mon poignet.
Je le levais mollement, observant un instant la gourmette argentée qui y pendait avant de remarquer la gravure qui la parcourait.
Eiko… c’était le prénom qui y était inscrit…
Eiko… ?
C’était moi !
Un profond soulagement m’envahit durant un bref instant.
Je m’en souvenais… je m’appelais Eiko Hajihiro !
J’étais japonaise !
Une information capitale, maigre certes, mais indispensable.
Je n’avais pas totalement tout oublié !
Toutefois, ce répit fut de courte durée.
Oui, je… j’étais toujours sur cette plage inconnue, entourée par des dizaines de morts !
J’ignorais pourquoi j’étais là mais je voulais partir, de cela j’en avais la certitude.
Aussi, ignorant volontairement mes courbatures et autres réjouissances du même genre, je me mis debout, bien décidée à quitter cet endroit, non sans ôter l’unique chaussure à talons qui me restait, l’abandonnant sans remords.
Je vacillais un instant, peinant à trouver mon équilibre mais parvins à me stabiliser de justesse.
Sans cesser de méditer sur le gouffre de ma mémoire… sans cesser d’essayer de le remplir d’ailleurs, je mis en sourdine mon angoisse dévorante ainsi que cette sensation désagréable d’être… incomplète… tandis que je commençais à avancer lentement.
Ma tête me brûlait toujours atrocement mais ça me semblait plus supportable déjà… l’habitude peut-être.
Ne pas penser aux cadavres, ne pas m’attarder à la question lancinante de mon identité et avancer, un pas après l’autre.
Ma démarche était mal assurée à cause de l’étau qui me broyait le crâne et je n’étais même pas certaine que mes larmes aient cessé de couler.
Je me sentais épuisée… physiquement d’abord mais mentalement aussi.
C’était… profondément éprouvant. Ce point d’interrogation, cette absence…
Ne pas savoir, être impuissante… c’était tellement pénible !
Au prix d’un immense effort, je sortie de cette torture mentale.
Pour l’heure, je devais trouver quelqu’un… quitter cet enfer.
C’était tout de même assez paradoxal…
Cette plage et l’océan que je contemplais à présent aurait pu être idyllique si il n’y avait pas eu tous ces corps inanimés étendus un peu partout…
Là c’était une dimension infernale dans un cadre paradisiaque…
Une sensation fraîche et agréable me tira soudainement de ma rêverie.
Baissant la tête, je restais immobile, observant les vaguelettes qui se heurtaient doucement à mes chevilles.
C’est alors que j’aperçus mon reflet tremblotant sur la surface limpide…
Je… c’était moi ?
Bizarrement, ça ne m’inspirait pas grand-chose… j’avais l’impression de contempler une étrangère…
De longs cheveux noirs emmêlés… une tâche rouge sur la tempe que je devinais être du sang séché, un visage… japonais comme je l’avais deviné…
Des yeux secs à ma grande stupéfaction…
Une inconnue qui me rendait ce regard perdu et hagard qui était le mien.
Elle… moi… je portais une robe bleue particulièrement osée et moulante qui m’aurait fais rougir si je n’avais pas été plongée dans cette indicible torpeur.
J’avais espéré que ça m’aiderait à me resituer mais je… je me sentais de plus en plus mal à l’aise face à cette personne que je ne reconnaissais pas…
Dans un geste de frustration, j’eu un mouvement du pied qui dissipa brièvement cette étrange vision.
Puis, peu désireuse de m’attarder à ce désolant spectacle, je m’accroupis, pris de l’eau dans mes mains avant de me les passer délicatement sur le visage, prenant bien soin de fermer les yeux.
Ça faisait du bien… c’était rafraîchissant…
Je m’attelai rapidement à supprimer le tracé vermeille qu’avait formé mon liquide vital avant de me redresser.
Je restais immobile quelques secondes supplémentaire, mes prunelles s’égarant sur cette étendue bleue qui semblait s’étendre à l’infinie.
C’était aussi troublant qu’apaisant en vérité.
Tout était si confus en moi !
Je n’avais pas la moindre certitude et mes pensées fusaient dans tous les sens…
Mon état intérieur contrastait tellement avec la sérénité de ce tableau…
J’en étais là dans mes pensées lorsqu’une impression insolite me fit tourner la tête sur la gauche…
C’est là que je le vis.
Non, pas la carcasse éventrée de l’avion, ça c’était un « détail minime »… quoi que fort instructif… là je parlais plutôt d’un garçon.
Il se tenait à quelques mètres seulement de moi… semblable à un mirage.
Je le contemplais quelques instant, ne le voyant pas très bien, l’air visiblement perdu et étonnée avant que la vérité ne s’impose à moi.
Il bel et bien vivant ! Je ne rêvais pas !
Dieu soit loué ! Je n’étais pas seule !
Il avait survécu lui aussi !
Un soulagement sans nom s’empara alors de moi tandis que je faisais un pas vers lui, un peu hésitante mais visiblement ravie de le trouver là.
Je me sentais soudain plus légère… il avait forcément des explications lui !
Je… il saurait me dire lui !
Sans attendre une seconde supplémentaire, je fis taire ma méfiance et m’élançai dans sa direction.
Moi qui avais eu du mal à marcher, je ne me croyais pas capable de courir et pourtant… la présence de cet étranger… ou de ce peut-être étranger… me donnait des ailes !
Je m’immobilisais finalement à moins d’un mètre de lui, ne prêtant pas vraiment attention à cette proximité.
Levant légèrement la tête, je posais sur lui un regard humide et particulièrement soulagé.
« - Vous… vous n’êtes… vous n’êtes pas mort ! » Haletais-je, radieuse mais essoufflée par ma petite course. « - Vous êtes vivant ! » Enchaînais-je très vite un sourire se formant sur mes lèvres alors que je n’en croyais pas ma chance.
… Evidemment, mon soulagement se comprenait mieux en sachant que je croyais que tout le monde était mort.
Je n’avais même pas pensé qu’ils pouvaient être simplement endormis…
J’allais d’ailleurs me sentir bien bête… mais pour l’heure, j’étais entièrement à mon euphorie d’avoir « retrouver » un autre survivant.
« - Je ne suis pas seule ! » Me réjouis-je toute seule avant de me calmer quelque peu.
Je m’autorisais à le dévisager quelques secondes.
Comble de la chance, c’était un japonais lui aussi !
Avoir autant de veine était incroyable !
En tout cas, il était… mignon…
Des cheveux noir, mi-long qui encadraient son visage et barraient son front, des yeux sombre d’une indéfinissable couleur, des lèvres joliment ourlées…
Il était séduisant cependant je reléguais prestement ce constat à la seconde place.
« - Vous… qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’on fait ici ? … Et puis qui… qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connaît ? … Et eux, qu’est-ce qui leur est arrivé ? » L’assaillais-je de question, l’air à nouveau vaguement affolé et priant pour obtenir enfin des réponses à cette foule de questions qui se bousculaient en moi et se pressaient au bord de mes lèvres.
Lèvres, que j’avais involontairement laissées entrouvertes dans une expression de vulnérabilité non calculée.
Ce n’était pas de ma faute, j’étais tellement désemparée !

Eiko Hajihiro- Admin
- Messages: 7
Date d'inscription: 02/06/2009
Age: 19
Re: Start Over [pv Eiko]
C’était calme…
C’était même étonnament calme…
La veille, il avait été impossible de rester tranquille…
Il y avait du bruit sans arrêt…
L’avion tournait encore à moitié, et les gens arrêtaient pas de crier…
Dans le genre apocalyptique, tu faisais pas mieux, c’était certain…
D’ailleurs, les cinéastes devraient en prendre de la graine… ça leur éviterait de faire tout le temps des films de merde…
Oh, je disais pas que tous les films étaient merdiques, attention !
Non, mais simplement qu’en général, le cinéma, c’était plutôt à chier…
Maintenant, ils trouvaient bien des moyens de cacher leurs erreurs…
Ils foutaient des gros plans sans arrêt, des filles carrément dénudées, et ça passait bien…
Mais ça ne rehaussait pas le niveau d’un navet pour autant.
Soyons clairs, une chiure était une chiure, peu importe la façon de la déguiser…
C’était d’ailleurs un constat qui marchait avec à peu près tout…
Vous pouviez repeindre votre voiture fritée, elle resterait fritée…
Une fille laide avait beau se maquiller, elle restait laide, rien n’y faisait…
Des tas de circonstances, et toujours la même réponse…
Oh, vous me trouvez méchant… ?
Mais j’vous emmerde.
Ce n’était pas de ma faute si les choses étaient ainsi.
Je ne faisais qu’énoncer quelque chose de tout à fait banal, et de bien ancré dans l’esprit de tout le monde…
Ne me faites pas croire que vous ne pensiez pas comme ça…
Tout ça pour dire… que ça ne servait à rien d’essayer de paraître différent.
Parce qu’on est ce qu’on est… aussi pourri que ça puisse être pour certains…
Il ne fallait pas penser pouvoir duper le monde entier par quelques parures et ce genre d’artifices.
…
… …
Quoi… ?
Vous vous attendiez à autre chose… ?
Attendez, vous croyiez vraiment que j’allais vous sortir une jolie morale, en prétendant que mieux valait rester soi-même, intègre et tout le bordel… ?
Qu’il fallait se faire accepter pour ce qu’on était… que ce serait une belle preuve d’amour ou je sais pas quoi… ?
Non, honnêtement…
Vous m’avez pris pour qui ?!
Je ne pensais pas ainsi moi.
Personnellement, je n’avais pas envie de changer, même si j’étais capable de devenir un peu n’importe qui si c’était pour expédier une fille dans mon lit.
D’ailleurs, si vous saviez comme c’était facile de se taper la première cruche qui passe dans un club…
C’en était presque désolant parfois…
Mais plaisir personnel oblige, il fallait bien être deux pour que ce genre d’acte ait une véritable saveur.
…
Comment ça vous vous en foutez ?!
Mais j’raconte ce que je veux, fermez-la aussi !
…
Bon…
Je reprends.
Le calme régnait…
Plus de bruit, plus de cris de douleur ou de terreur…
Plus de panique…
Soudain, c’était… apaisant.
Il n’y avait plus que moi, l’océan, et le doux bruit des vagues.
C’était relaxant.
Paradoxal quand on savait que nous étions sur une île déserte et que ce même océan était celui qui nous piégeait ici…
Mais je me sentais bien.
Fatalement, je n’étais pas un grand fan des îles désertes, surtout qu’on ne savait pas ce qui pouvait rôder sur celle-ci, mais…
L’ambiance était tranquillisante.
Je me laissais donc bercer par la douceur du paysage, et la beauté du ciel, qui commençait lentement à se colorer, grâce à l’apparition lointaine du soleil, qui tentait d’envoyer ses tout premiers rayons…
Et là…
Je vis cet étui à guitare !
Pas possible, il y avait un musicien à bord… un guitariste en plus…
Le seul instrument dont je savais jouer !
D’ailleurs, je doutais que son propriétaire m’en veuille.
Après tout, s’il n’avait pas récupéré son instrument, c’était sans doute parce qu’il était mort…
Et ils étaient d’ailleurs un certain nombre dans la carcasse de l’avion…
…
Vu comme ça, ça devait paraître glauque…
On pionçait tous là à côté de tout un tas de cadavres entassés dans une grande boîte d’acier.
Dans le genre morbide, c’était vraiment pas mal quand même…
Pour ma part, ça ne me gênait pas.
De toute manière, ils étaient morts, ils n’allaient pas se plaindre.
Et puis… on trouverait bien un moyen de se débarrasser d’eux…
Ça servait à rien de s’affoler après tout.
Mais à ce moment là…
Les évènements s’enchaînèrent… avec une rencontre inattendue…
Je me préparais à partir à l’eau pour chercher la guitare… si c’en était bien une à l’intérieur…
Mais quelque chose me força à tourner la tête…
Je ne l’entendis pas tout de suite, mais soudain…
Des pas…
Des bruits de pas, se rapprochant de moi en courant…
Un peu en panique, je tournais la tête en direction du bruit, me retrouvant face à… une demoiselle…
A moins d’un mètre de moi, elle me fixait… visiblement essoufflée.
Et immédiatement, je pus en faire un constat.
En même temps, il faut avouer qu’il aurait été criminel de s’en passer…
Cette fille était trop délicieuse pour être ignorée si vous voulez mon avis.
Une bouille adorable, quoique paniquée pour le moment, une longue chevelure foncée qui cascadait derrière ses épaules… une bouche agréablement pulpeuse… et typée asiatique en plus de ça…
Pas que je n’aimais pas les autres femmes mais… celles de mon pays m’avaient toujours plus fait frissonner que les autres… question de goût…
Ses yeux, quant à eux…
Ses yeux étaient lumineux…
Plus encore du fait qu’ils étaient humides, certainement dû à quelques larmes que la jeune femme avait pleuré…
Mais ils… ils me donnaient l’impression de me transpercer… de voir à travers moi… avec une innocence totale assez déstabilisante…
Je…
Mais bref !
Quelle bombe !
Oui, elle avait de jolis yeux, mais e n’était rien en comparaison à ce corps de déesse !
Pas trop grosse, pas trop maigre, j’étais légèrement dégoûté de ne pas encore la voir de dos… ou de fesses pour être honnête, mais de ce que je voyais de l’avant, rien n’était à jeter…
Dans le genre bonnasse, elle explosait le record mondial cette fille…
Je m’attardais d’ailleurs plus longtemps que voulu sur les obus de la demoiselle, jaugeant à l’œil nu son tour de poitrine…
D’ailleurs, cette pauvre poitrine semblait comprimée à outrance dans cette robe en latex… non j’ai pas dit une robe d’allumeuse…
J’ai pas dit non plus que je l’avais pas pensé.
Robe bleue en latex dont décolleté vertigineux était lacé sur le devant…
Et franchement, si c’était pas une invitation ça…
Mon examen visuel était plus que concluant…
Niveau mensurations, ça aurait été trop m’avancer que de pencher pour un 90-59-86…
Après tout, il n’y avait pas google sur l’île, alors dire avec précision était compliqué.
En tout cas, c’était un pur canon…
Je changeais d’avis quant aux filles sur l’île…
Finalement, il y avait quand même un morceau de choix parmi cette brochette de nullités…
Et ce morceau là, je me le réservais…
« - Vous… vous n’êtes… vous n’êtes pas mort ! » Finit par lâcher la demoiselle, à bout de souffle.
…
… …
… … …
C’était la première chose qu’elle me disait…
Je ne suis pas mort.
Sa voix était… savoureuse…
Un savant mélange de ce que j’avais entraperçu d’elle…
Ça paraissait… aussi doux que suave…
Mais ça me permettait de faire un premier constat…
Elle était japonaise…
Oui, puisqu’elle m’avait parlé dans notre langue natale.
Donc deux options…
Soit elle se doutait que j’étais japonais, soit elle ne savait pas parler dans une autre langue… ce que je supposais.
L’anglais n’était pas acquis pour elle visiblement…
Mais par contre…
C’en était presque drôle…
Et tellement stupide que c’était aussi presque énervant…
Je… je n’étais pas mort !
Bien sûr que non, puisque j’étais là, debout…
Bien foutue, mais pas fût-fût on dirait…
Oh ça va, j’ai rien dit de mal !
Disons que ça tombait sous le sens, donc sortir une connerie comme ça pouvait que vous faire passer pour stupide, soyons francs…
Mais je lui en voulais pas…
Avoir le corps et l’esprit n’était pas donné à tout le monde, et même si c’était mon cas, je n’allais pas cracher sur ceux qui n’avaient pad eu autant de chance…
Enfin, d’ordinaire si…
…
Mais bon…
Franchement, qui aurait envie de cracher là-dessus…
…
Bon, je dis pas que dans un moment de folie sexuelle où je la dominerais totalement, ça ne pourrait pas être excitant mais…
Bref !
Sortez de mes fantasmes !
Pour en revenir à l’action et ne pas se perdre en n’importe quoi, la demoiselle semblait… soulagée…
Quoi, elle croyait être seule ici… ?
Honnêtement, ça aurait été un sacrilège, une véritable honte…
« - Vous êtes vivant ! » Reprit-elle avec un superbe sourire.
C’était même étonnament calme…
La veille, il avait été impossible de rester tranquille…
Il y avait du bruit sans arrêt…
L’avion tournait encore à moitié, et les gens arrêtaient pas de crier…
Dans le genre apocalyptique, tu faisais pas mieux, c’était certain…
D’ailleurs, les cinéastes devraient en prendre de la graine… ça leur éviterait de faire tout le temps des films de merde…
Oh, je disais pas que tous les films étaient merdiques, attention !
Non, mais simplement qu’en général, le cinéma, c’était plutôt à chier…
Maintenant, ils trouvaient bien des moyens de cacher leurs erreurs…
Ils foutaient des gros plans sans arrêt, des filles carrément dénudées, et ça passait bien…
Mais ça ne rehaussait pas le niveau d’un navet pour autant.
Soyons clairs, une chiure était une chiure, peu importe la façon de la déguiser…
C’était d’ailleurs un constat qui marchait avec à peu près tout…
Vous pouviez repeindre votre voiture fritée, elle resterait fritée…
Une fille laide avait beau se maquiller, elle restait laide, rien n’y faisait…
Des tas de circonstances, et toujours la même réponse…
Oh, vous me trouvez méchant… ?
Mais j’vous emmerde.
Ce n’était pas de ma faute si les choses étaient ainsi.
Je ne faisais qu’énoncer quelque chose de tout à fait banal, et de bien ancré dans l’esprit de tout le monde…
Ne me faites pas croire que vous ne pensiez pas comme ça…
Tout ça pour dire… que ça ne servait à rien d’essayer de paraître différent.
Parce qu’on est ce qu’on est… aussi pourri que ça puisse être pour certains…
Il ne fallait pas penser pouvoir duper le monde entier par quelques parures et ce genre d’artifices.
…
… …
Quoi… ?
Vous vous attendiez à autre chose… ?
Attendez, vous croyiez vraiment que j’allais vous sortir une jolie morale, en prétendant que mieux valait rester soi-même, intègre et tout le bordel… ?
Qu’il fallait se faire accepter pour ce qu’on était… que ce serait une belle preuve d’amour ou je sais pas quoi… ?
Non, honnêtement…
Vous m’avez pris pour qui ?!
Je ne pensais pas ainsi moi.
Personnellement, je n’avais pas envie de changer, même si j’étais capable de devenir un peu n’importe qui si c’était pour expédier une fille dans mon lit.
D’ailleurs, si vous saviez comme c’était facile de se taper la première cruche qui passe dans un club…
C’en était presque désolant parfois…
Mais plaisir personnel oblige, il fallait bien être deux pour que ce genre d’acte ait une véritable saveur.
…
Comment ça vous vous en foutez ?!
Mais j’raconte ce que je veux, fermez-la aussi !
…
Bon…
Je reprends.
Le calme régnait…
Plus de bruit, plus de cris de douleur ou de terreur…
Plus de panique…
Soudain, c’était… apaisant.
Il n’y avait plus que moi, l’océan, et le doux bruit des vagues.
C’était relaxant.
Paradoxal quand on savait que nous étions sur une île déserte et que ce même océan était celui qui nous piégeait ici…
Mais je me sentais bien.
Fatalement, je n’étais pas un grand fan des îles désertes, surtout qu’on ne savait pas ce qui pouvait rôder sur celle-ci, mais…
L’ambiance était tranquillisante.
Je me laissais donc bercer par la douceur du paysage, et la beauté du ciel, qui commençait lentement à se colorer, grâce à l’apparition lointaine du soleil, qui tentait d’envoyer ses tout premiers rayons…
Et là…
Je vis cet étui à guitare !
Pas possible, il y avait un musicien à bord… un guitariste en plus…
Le seul instrument dont je savais jouer !
D’ailleurs, je doutais que son propriétaire m’en veuille.
Après tout, s’il n’avait pas récupéré son instrument, c’était sans doute parce qu’il était mort…
Et ils étaient d’ailleurs un certain nombre dans la carcasse de l’avion…
…
Vu comme ça, ça devait paraître glauque…
On pionçait tous là à côté de tout un tas de cadavres entassés dans une grande boîte d’acier.
Dans le genre morbide, c’était vraiment pas mal quand même…
Pour ma part, ça ne me gênait pas.
De toute manière, ils étaient morts, ils n’allaient pas se plaindre.
Et puis… on trouverait bien un moyen de se débarrasser d’eux…
Ça servait à rien de s’affoler après tout.
Mais à ce moment là…
Les évènements s’enchaînèrent… avec une rencontre inattendue…
Je me préparais à partir à l’eau pour chercher la guitare… si c’en était bien une à l’intérieur…
Mais quelque chose me força à tourner la tête…
Je ne l’entendis pas tout de suite, mais soudain…
Des pas…
Des bruits de pas, se rapprochant de moi en courant…
Un peu en panique, je tournais la tête en direction du bruit, me retrouvant face à… une demoiselle…
A moins d’un mètre de moi, elle me fixait… visiblement essoufflée.
Et immédiatement, je pus en faire un constat.
En même temps, il faut avouer qu’il aurait été criminel de s’en passer…
Cette fille était trop délicieuse pour être ignorée si vous voulez mon avis.
Une bouille adorable, quoique paniquée pour le moment, une longue chevelure foncée qui cascadait derrière ses épaules… une bouche agréablement pulpeuse… et typée asiatique en plus de ça…
Pas que je n’aimais pas les autres femmes mais… celles de mon pays m’avaient toujours plus fait frissonner que les autres… question de goût…
Ses yeux, quant à eux…
Ses yeux étaient lumineux…
Plus encore du fait qu’ils étaient humides, certainement dû à quelques larmes que la jeune femme avait pleuré…
Mais ils… ils me donnaient l’impression de me transpercer… de voir à travers moi… avec une innocence totale assez déstabilisante…
Je…
Mais bref !
Quelle bombe !
Oui, elle avait de jolis yeux, mais e n’était rien en comparaison à ce corps de déesse !
Pas trop grosse, pas trop maigre, j’étais légèrement dégoûté de ne pas encore la voir de dos… ou de fesses pour être honnête, mais de ce que je voyais de l’avant, rien n’était à jeter…
Dans le genre bonnasse, elle explosait le record mondial cette fille…
Je m’attardais d’ailleurs plus longtemps que voulu sur les obus de la demoiselle, jaugeant à l’œil nu son tour de poitrine…
D’ailleurs, cette pauvre poitrine semblait comprimée à outrance dans cette robe en latex… non j’ai pas dit une robe d’allumeuse…
J’ai pas dit non plus que je l’avais pas pensé.
Robe bleue en latex dont décolleté vertigineux était lacé sur le devant…
Et franchement, si c’était pas une invitation ça…
Mon examen visuel était plus que concluant…
Niveau mensurations, ça aurait été trop m’avancer que de pencher pour un 90-59-86…
Après tout, il n’y avait pas google sur l’île, alors dire avec précision était compliqué.
En tout cas, c’était un pur canon…
Je changeais d’avis quant aux filles sur l’île…
Finalement, il y avait quand même un morceau de choix parmi cette brochette de nullités…
Et ce morceau là, je me le réservais…
« - Vous… vous n’êtes… vous n’êtes pas mort ! » Finit par lâcher la demoiselle, à bout de souffle.
…
… …
… … …
C’était la première chose qu’elle me disait…
Je ne suis pas mort.
Sa voix était… savoureuse…
Un savant mélange de ce que j’avais entraperçu d’elle…
Ça paraissait… aussi doux que suave…
Mais ça me permettait de faire un premier constat…
Elle était japonaise…
Oui, puisqu’elle m’avait parlé dans notre langue natale.
Donc deux options…
Soit elle se doutait que j’étais japonais, soit elle ne savait pas parler dans une autre langue… ce que je supposais.
L’anglais n’était pas acquis pour elle visiblement…
Mais par contre…
C’en était presque drôle…
Et tellement stupide que c’était aussi presque énervant…
Je… je n’étais pas mort !
Bien sûr que non, puisque j’étais là, debout…
Bien foutue, mais pas fût-fût on dirait…
Oh ça va, j’ai rien dit de mal !
Disons que ça tombait sous le sens, donc sortir une connerie comme ça pouvait que vous faire passer pour stupide, soyons francs…
Mais je lui en voulais pas…
Avoir le corps et l’esprit n’était pas donné à tout le monde, et même si c’était mon cas, je n’allais pas cracher sur ceux qui n’avaient pad eu autant de chance…
Enfin, d’ordinaire si…
…
Mais bon…
Franchement, qui aurait envie de cracher là-dessus…
…
Bon, je dis pas que dans un moment de folie sexuelle où je la dominerais totalement, ça ne pourrait pas être excitant mais…
Bref !
Sortez de mes fantasmes !
Pour en revenir à l’action et ne pas se perdre en n’importe quoi, la demoiselle semblait… soulagée…
Quoi, elle croyait être seule ici… ?
Honnêtement, ça aurait été un sacrilège, une véritable honte…
« - Vous êtes vivant ! » Reprit-elle avec un superbe sourire.

Kyô Mazuku- Admin
- Messages: 18
Date d'inscription: 02/06/2009
Age: 21

Re: Start Over [pv Eiko]
…
Wow…
Ce… son sourire était radieux…
Elle semblait tellement soulagée… et ce sourire ma fit très légèrement tressaillir…
Elle était un tout petit peu déboussolante…
Pour vous dire, ce sourire m’avait sorti de la fixation de son décolleté, ce qui était franchement du jamais vu !
Bon, ça n’avançait pas des masses et on tournait presque en rond mais…
Au moins ça la rassurait…
Tout n’était pas perdu… même si j’y gagnais rien pour l’instant.
C’est vrai, et ma récompense… ?
Je devrais bien avoir droit à quelque chose pour être l’élément déclencheur de son soulagement, non ?!
Bah attendez, qui faisait les choses gratuitement… ?
…
Bon, le Johnny Depp était une exception, j’vous l’accorde…
Mais moi, quand je faisais quelque chose, j’aimais avoir une contrepartie…
Après tout, c’était donnant-donnant.
La loi de la jungle… qui s’appliquait en cas d’échouage sur une île déserte je pense…
« - Vous… qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’on fait ici ? … Et puis qui… qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connaît ? … Et eux, qu’est-ce qui leur est arrivé ? » Me questionna-t-elle sans limite.
…
… …
… … …
Oulà oulà !
Doucement Miss Latex !
On va y aller tranquille ma jolie !
Oui parce que, je n’étais pas un surhomme non plus…
Et répondre à tout ça d’un coup, c’était… un peu trop m’en demander là…
Elle ne connaissait pas les convenances du monde civilisé ou quoi ?!
Vous savez, je pose une question, tu réponds, et ainsi de suite…
Parce que si c’était : je te pose douze questions, et tu réponds à tout dans l’ordre…
Ça allait être compliqué pour moi…
Surtout que je n’aimais pas être…assailli, débordé, comme ça…
Ça m’énervait !
Elle ne me laissait l’occasion de rien !
Et moi… j’aimais avoir le contrôle quand même…
Là… je croulais sous les questions… et je ne le vivais pas bien…
…
Bon ben plaignez-moi bordel !
Mais si on récapitulait dans l’ordre, qu’est-ce que ça donnerait… ?
Alors…
Réfléchissons…
Ce qui s’était passé… ?
Et bien, on partait vers Los Angeles, il y avait des orages et le commandant a choisi de se ranger aux Fidji…
On a pu contacter personne et finalement… l’avion s’est coupé en deux et… on a échoué ici…
D’ailleurs, certainement que personne ne sait où on est…
Ce qu’on fait ici… ?
Bah…
Pour la plupart ils dorment, toi, tu poses des questions idiotes, et moi je mate… le paysage !
On est échoué ici, j’vois pas ce qu’on pourrait faire… ?
Pêcher et chasser à mon avis, faudra pas tarder à s’y mettre…
Qui je suis… ?
(Qui je suis ?! C’est moi ! François !
)
Bah, qui je suis… euh… Kyô… Kyô Mazuku… même si en général, on me surnomme Cross…
Je suis… ce que tu vois…
D’ailleurs, j’avais de la gueule quand même pour un naufragé !
Chemise noire négligemment entrouverte et mon pantacourt en lin… j’avais la classe !
Et pour la chemise, je tentais de faire concurrence au décolleté de la demoiselle, c’est tout…
Je t’épargnerai le passage qui dit que j’étais un voyou et que j’ai arnaqué le PDG d’une importante société… idem pour le côté junkie…
Y’a des choses qui valait mieux garder pour soi… surtout au milieu d’une bande d’inconnus.
Qu’est-ce qui leur est arrivé… ?
A tous ces mecs allongés ?!
…
Hilarant…
Ils dormaient…
Elle pensait vraiment qu’ils étaient morts ?!
Oui chérie, tous décimés par une épidémie de grippe à la sortie de l’avion… ça a été affreux…
Pas de bol…
Non, c’était drôle en tous les cas…
Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin…
Est-ce qu’on se connaît… ?
…
C’était quoi cette question… ?
Elle était amnésique ou quoi… ?
…
… …
… … …
Question idiote…
C’était plus que possible vu toutes ses questions…
Surtout celle-ci…
Elle me demandait si on se connaissait…
C’était… bizarre…
Si je lui disais qu’on était un couple très amoureux, elle y croirait… ?
Difficile à dire…
Mais le pire du pire…
C’était après ça…
La demoiselle venait donc de balancer sa série de questions et…
Elle restait là, me fixant avec intensité, les lèvres entrouvertes…
S’il te plaît Miss Latex…
J’ai déjà suffisamment envie de toi comme ça, me pousse pas à bout non plus…
Je restais donc quelques instants à l’observer, pris de l’envie folle de l’embrasser…
Il faut dire qu’elle donnait envie là…
Cette tenue était déjà dure à supporter, mais si elle me provoquait autant, je n’allais plus tenir bien longtemps moi…
Si ça continuait, je ne répondrais plus de moi…
« - Si on se connaît ?! » Lâchais-je finalement, l’air volontairement outré.
C’était joli, hein… ?
Pour un peu, ça la ferait même culpabiliser…
C’était… délicieux de jouer avec elle…
Et j’en riais comme un fou intérieurement…
Je m’approchais alors lentement de la demoiselle, avant de me pencher en avant.
Sans attendre, je passais une main dans son dos et l’attirais à moi un peu brutalement, l’embrassant à pleine bouche, et jouant immédiatement avec sa langue, tandis que ma main dans son dos, se permettait une descente de quelques centimètre en direction des fesses de la jeune femme.
Au bout de quelques secondes, je me retirais lentement, donnant un ultime coup de langue sur ses lèvres avant de me reculer, fixant la jolie nippone avec amusement.
« - Non, parce que je me souviendrais de ça… » Avouais-je avec une certaine animalité, avant de passer ma langue sur mes lèvres.
…
Qui a dit que je jouais… ?
Je ne faisais rien de mal !
Ce n’était qu’un baiser volé après tout…
Et… elle n’avait pas totalement semblé contre, non plus…
On ne pouvait pas me remettre tous les torts sur le dos.
« - Tu veux savoir ce qui s’est passé… ? » Commençais-je avec un sourire de dément. « … ça n’a pas l’air assez explicite ? » Poursuivis-je avec le même sourire, d’un ton un peu plus sardonique.
Lentement, je retrouvais plus de tranquillité, m’amusant toutefois presque de l’ignorance de la demoiselle…
C’était… aberrant…
Même si elle ne se souvenait plus…
Nous étions sur une plage, il y avait une carcasse d’avion, et nous avions tous des blessures…
Fatalement, on s’était écrasés, non ?!
Fallait pas être devin pour comprendre ça, si… ?
« - Mais est-ce que j’ai l’air d’un point d’information… ? » Finis-je par lâcher, l’air désabusé. « … pour ça, vas plutôt voir le super héros Johnny Depp, il dort par là-bas avec les américains… » Lançais-je en lui indiquant du doigt la direction à suivre.
Ouais, il y avait déjà de mini-clans…
Les américains étaient des cons, ils restaient qu’entre eux…
Oh j’dis pas, moi je restais loin des autres, et la foule ne m’allait pas au teint…
Mais pour l’instant, des petits groupes faisaient un peu bande à part…
Et c’était aussi le cas de Lia, Tyson, Jimmy… et moi un peu plus loin.
…
Pour le reste…
Oui, je n’étais pas salaud hein…
Je n’avais même pas tenté de lui faire croire qu’elle était ma femme ou mon esclave…
J’étais franchement cool dans mon genre…
Et c’était lui le héros ?!
Mon cul ouais…
Je ne supportais pas ce gars…
Mais il saurait s’occuper de la demoiselle… contrairement à moi, qui avais mes sautes d’humeur légendaire…
Mais je dois reconnaître que ça me coûtait de l’envoyer vers lui…
J’envoyais cette super fille à mon « rival »…
Une vraie connerie…
« - Désolé pour toi, moi, je suis le méchant… » Commençais-je avec un sourire un minimum amusé. « … bonne chance Miss Latex. » Lui soufflais-je avant de lui claquer une main aux fesses doublée d’un clin d’œil abusivement charmeur.
L’air de rien, je repartais vers ma couchette, ignorant purement et simplement la demoiselle…
Ce que j’espérais… ?
Qu’elle soit suffisamment titillée de curiosité ou piquée au vif pour me suivre…
Et si elle ne parlait pas anglais, ça la refroidirait aussi…
J’avais envie de voir… de la laisser venir à moi…
C’était risqué mais… c’était un jeu intéressant à jouer…
Oh, et pour info… lui répétez pas mais… elle avait un cul à tomber par terre…
… c’était juste pour info…
Wow…
Ce… son sourire était radieux…
Elle semblait tellement soulagée… et ce sourire ma fit très légèrement tressaillir…
Elle était un tout petit peu déboussolante…
Pour vous dire, ce sourire m’avait sorti de la fixation de son décolleté, ce qui était franchement du jamais vu !
Bon, ça n’avançait pas des masses et on tournait presque en rond mais…
Au moins ça la rassurait…
Tout n’était pas perdu… même si j’y gagnais rien pour l’instant.
C’est vrai, et ma récompense… ?
Je devrais bien avoir droit à quelque chose pour être l’élément déclencheur de son soulagement, non ?!
Bah attendez, qui faisait les choses gratuitement… ?
…
Bon, le Johnny Depp était une exception, j’vous l’accorde…
Mais moi, quand je faisais quelque chose, j’aimais avoir une contrepartie…
Après tout, c’était donnant-donnant.
La loi de la jungle… qui s’appliquait en cas d’échouage sur une île déserte je pense…
« - Vous… qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’on fait ici ? … Et puis qui… qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connaît ? … Et eux, qu’est-ce qui leur est arrivé ? » Me questionna-t-elle sans limite.
…
… …
… … …
Oulà oulà !
Doucement Miss Latex !
On va y aller tranquille ma jolie !
Oui parce que, je n’étais pas un surhomme non plus…
Et répondre à tout ça d’un coup, c’était… un peu trop m’en demander là…
Elle ne connaissait pas les convenances du monde civilisé ou quoi ?!
Vous savez, je pose une question, tu réponds, et ainsi de suite…
Parce que si c’était : je te pose douze questions, et tu réponds à tout dans l’ordre…
Ça allait être compliqué pour moi…
Surtout que je n’aimais pas être…assailli, débordé, comme ça…
Ça m’énervait !
Elle ne me laissait l’occasion de rien !
Et moi… j’aimais avoir le contrôle quand même…
Là… je croulais sous les questions… et je ne le vivais pas bien…
…
Bon ben plaignez-moi bordel !
Mais si on récapitulait dans l’ordre, qu’est-ce que ça donnerait… ?
Alors…
Réfléchissons…
Ce qui s’était passé… ?
Et bien, on partait vers Los Angeles, il y avait des orages et le commandant a choisi de se ranger aux Fidji…
On a pu contacter personne et finalement… l’avion s’est coupé en deux et… on a échoué ici…
D’ailleurs, certainement que personne ne sait où on est…
Ce qu’on fait ici… ?
Bah…
Pour la plupart ils dorment, toi, tu poses des questions idiotes, et moi je mate… le paysage !
On est échoué ici, j’vois pas ce qu’on pourrait faire… ?
Pêcher et chasser à mon avis, faudra pas tarder à s’y mettre…
Qui je suis… ?
(Qui je suis ?! C’est moi ! François !
Bah, qui je suis… euh… Kyô… Kyô Mazuku… même si en général, on me surnomme Cross…
Je suis… ce que tu vois…
D’ailleurs, j’avais de la gueule quand même pour un naufragé !
Chemise noire négligemment entrouverte et mon pantacourt en lin… j’avais la classe !
Et pour la chemise, je tentais de faire concurrence au décolleté de la demoiselle, c’est tout…
Je t’épargnerai le passage qui dit que j’étais un voyou et que j’ai arnaqué le PDG d’une importante société… idem pour le côté junkie…
Y’a des choses qui valait mieux garder pour soi… surtout au milieu d’une bande d’inconnus.
Qu’est-ce qui leur est arrivé… ?
A tous ces mecs allongés ?!
…
Hilarant…
Ils dormaient…
Elle pensait vraiment qu’ils étaient morts ?!
Oui chérie, tous décimés par une épidémie de grippe à la sortie de l’avion… ça a été affreux…
Pas de bol…
Non, c’était drôle en tous les cas…
Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin…
Est-ce qu’on se connaît… ?
…
C’était quoi cette question… ?
Elle était amnésique ou quoi… ?
…
… …
… … …
Question idiote…
C’était plus que possible vu toutes ses questions…
Surtout celle-ci…
Elle me demandait si on se connaissait…
C’était… bizarre…
Si je lui disais qu’on était un couple très amoureux, elle y croirait… ?
Difficile à dire…
Mais le pire du pire…
C’était après ça…
La demoiselle venait donc de balancer sa série de questions et…
Elle restait là, me fixant avec intensité, les lèvres entrouvertes…
S’il te plaît Miss Latex…
J’ai déjà suffisamment envie de toi comme ça, me pousse pas à bout non plus…
Je restais donc quelques instants à l’observer, pris de l’envie folle de l’embrasser…
Il faut dire qu’elle donnait envie là…
Cette tenue était déjà dure à supporter, mais si elle me provoquait autant, je n’allais plus tenir bien longtemps moi…
Si ça continuait, je ne répondrais plus de moi…
« - Si on se connaît ?! » Lâchais-je finalement, l’air volontairement outré.
C’était joli, hein… ?
Pour un peu, ça la ferait même culpabiliser…
C’était… délicieux de jouer avec elle…
Et j’en riais comme un fou intérieurement…
Je m’approchais alors lentement de la demoiselle, avant de me pencher en avant.
Sans attendre, je passais une main dans son dos et l’attirais à moi un peu brutalement, l’embrassant à pleine bouche, et jouant immédiatement avec sa langue, tandis que ma main dans son dos, se permettait une descente de quelques centimètre en direction des fesses de la jeune femme.
Au bout de quelques secondes, je me retirais lentement, donnant un ultime coup de langue sur ses lèvres avant de me reculer, fixant la jolie nippone avec amusement.
« - Non, parce que je me souviendrais de ça… » Avouais-je avec une certaine animalité, avant de passer ma langue sur mes lèvres.
…
Qui a dit que je jouais… ?
Je ne faisais rien de mal !
Ce n’était qu’un baiser volé après tout…
Et… elle n’avait pas totalement semblé contre, non plus…
On ne pouvait pas me remettre tous les torts sur le dos.
« - Tu veux savoir ce qui s’est passé… ? » Commençais-je avec un sourire de dément. « … ça n’a pas l’air assez explicite ? » Poursuivis-je avec le même sourire, d’un ton un peu plus sardonique.
Lentement, je retrouvais plus de tranquillité, m’amusant toutefois presque de l’ignorance de la demoiselle…
C’était… aberrant…
Même si elle ne se souvenait plus…
Nous étions sur une plage, il y avait une carcasse d’avion, et nous avions tous des blessures…
Fatalement, on s’était écrasés, non ?!
Fallait pas être devin pour comprendre ça, si… ?
« - Mais est-ce que j’ai l’air d’un point d’information… ? » Finis-je par lâcher, l’air désabusé. « … pour ça, vas plutôt voir le super héros Johnny Depp, il dort par là-bas avec les américains… » Lançais-je en lui indiquant du doigt la direction à suivre.
Ouais, il y avait déjà de mini-clans…
Les américains étaient des cons, ils restaient qu’entre eux…
Oh j’dis pas, moi je restais loin des autres, et la foule ne m’allait pas au teint…
Mais pour l’instant, des petits groupes faisaient un peu bande à part…
Et c’était aussi le cas de Lia, Tyson, Jimmy… et moi un peu plus loin.
…
Pour le reste…
Oui, je n’étais pas salaud hein…
Je n’avais même pas tenté de lui faire croire qu’elle était ma femme ou mon esclave…
J’étais franchement cool dans mon genre…
Et c’était lui le héros ?!
Mon cul ouais…
Je ne supportais pas ce gars…
Mais il saurait s’occuper de la demoiselle… contrairement à moi, qui avais mes sautes d’humeur légendaire…
Mais je dois reconnaître que ça me coûtait de l’envoyer vers lui…
J’envoyais cette super fille à mon « rival »…
Une vraie connerie…
« - Désolé pour toi, moi, je suis le méchant… » Commençais-je avec un sourire un minimum amusé. « … bonne chance Miss Latex. » Lui soufflais-je avant de lui claquer une main aux fesses doublée d’un clin d’œil abusivement charmeur.
L’air de rien, je repartais vers ma couchette, ignorant purement et simplement la demoiselle…
Ce que j’espérais… ?
Qu’elle soit suffisamment titillée de curiosité ou piquée au vif pour me suivre…
Et si elle ne parlait pas anglais, ça la refroidirait aussi…
J’avais envie de voir… de la laisser venir à moi…
C’était risqué mais… c’était un jeu intéressant à jouer…
Oh, et pour info… lui répétez pas mais… elle avait un cul à tomber par terre…
… c’était juste pour info…

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